vendredi 31 juillet 2009

gazette 84. Pourquoi les prophètes de la crise ne sont pas passés au 20 Heures

La gazette d'@rrêt sur images, n° 84

Il avait tout prévu, dès 2007. Dans un article prophétique du Monde diplomatique, l'économiste Frédéric Lordon avait prévu la crise du capitalisme financier de l'automne 2008, et le mode d'effondrement du système des subprimes. Aucun mérite, nous dit-il en substance sur le plateau, toutes les crises du capitalisme fonctionnent de la même manière. N'empêche : cette prévision donne aujourd'hui tout son poids à sa parole. Aussi, quand Maja Neskovic (eh oui, elle revient, le temps d'une émission !) m'a suggéré d'inviter Lordon, pour cette nouvelle émission d'été, j'ai sauté sur l'occasion. Pourquoi la voix de Lordon a-t-elle été si peu entendue avant la crise ? Nous plongeons ici au coeur d'une contradiction : celle de certains économistes critiques, qui refusent le tempo, les exigences, le formatage des médias de masse. Lordon reproche au 20 Heures (à juste titre) de produire un discours monocolore, et simplificateur. Mais comment faire se rencontrer les exigences des dissidents, et la mécanique du système ? Vaste problème ! Notre émission est ici, ses meilleurs moments sont là :


Autre chose. Vous avez encore en mémoire les empoignades du printemps sur la burqa (notre dossier). Tout d'un coup la République terrifiée sonna l'alerte générale, devant la menace d'invasion par le voile intégral. Même Sarkozy, dans la pompe et la majesté du Parlement rassemblé à Versailles, crut nécessaire de préciser que la burqa "n'était pas la bienvenue". Eh bien la France compte exactement...327 burqas, vient de déclarer fort sérieusement, au coeur de l'été, la police chargée de l'enquête. Evidemment, la précision absurde du chiffre fait sourire. Mais les rapports confirment tout de même ce que l'on pressentait : ce "danger" est avant tout le produit d'un accès de fièvre médiatique. Et un gros plan au 20 Heures a vite fait de faire croire, à tort, à un phénomène de société. Pour vous aider à résister aux prochains emballements, notre enquête sur les embrasements médiatiques périodiques à propos de la burqa, et du voile, est ici. Et pour vous abonner (pour un mois ou pour un an) c'est .

Daniel Schneidermann

vendredi 24 juillet 2009

gazette 83. Grandeur et décadence du poil pubien, de la Renaissance aux mangas

La gazette d'@rrêt sur images, n° 83

Pendant six mois, Julien Dray s'est tû. Les journaux le présentaient comme un acheteur compulsif de montres de luxe, à la limite de la pathologie. Avec force manchettes, on disséquait les prêts gracieux consentis par ses amis, en échange certainement de juteuses attributions de marchés publics. Ses relevés bancaires n'avaient plus de secret. Ses camarades de parti se taisaient. Chacun retenait son souffle. "Il ne s'en relèvera pas" pensait-on. Sur notre plateau de cette semaine, je me trouvais à cinquante centimètres de Dray. J'ai vu un animal politique, resserré sur lui-même, concentré mais indemne, une boule de détermination. Ayant retrouvé "la radicalité de ses vingt ans", comme il dit, avec une sorte d'allégresse, il rame contre les manchettes, les fuites et les rumeurs. La Justice dira si Dray est innocent ou coupable. Mais s'il est blanchi, cette même Justice (et la presse, chambre d'écho permanent des fuites policières) devront faire un sérieux examen de conscience. Notre émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Notre découverte la plus stupéfiante de la semaine concerne le traitement de la grippe A. Sans doute avez-vous entendu parler, par vos journaux écrits ou télévisés, des "grippe parties", ces séances de contamination volontaire auxquelles s'adonneraient les adolescents écervelés, britanniques et américains. Eh bien...elles n'existent pas. Pure invention des médias français. D'où ont-ils sorti cette faribole ? Vous aurez peine à le croire. Nous vous le racontons ici.

Mais ce ne sont pas ces graves sujets qui mobilisent nos forums. Depuis quelques semaines, ils se sont embrasés à propos du problème...des toisons pubiennes. Quoi de plus mystérieux et polysémique que l'image de la toison pubienne, de Michel Ange aux films pornos, en passant par les mangas ? Quel est son rapport au péché dans les peintures d'Adam et Eve, ou à l'aliénation féminine dans les magazines féminins ? Le sexe et ses pilosités, donc, sont chez nous un objet d'intenses réflexions participatives, signe que nos abonnés aiment autant utiliser leur cerveau que leurs organes reproducteurs, même en vacances. Notre dossier le plus inattendu de l'été est ici. Et pour vous abonner, pour un mois ou pour un an, c'est là.

Daniel Schneidermann

mercredi 22 juillet 2009

Baisse de la TVA : les restaurateurs augmentent leurs tarifs

Non seulement certains restaurateurs ne baissent pas leurs tarifs... mais pour dire plus justement : « ils augmentent leurs prix ».

En effet, il ne faut pas oublier que la TVA est une taxe qui vient se greffer sur le tarif hors taxe (celui décidé par le commerçant), un impôt prélevé par le commerçant pour le compte de l'état.

Ainsi, un commerçant qui aurait décidé de ne pas toucher à ses prix aurait nécessairement baissé ses tarifs. Sur un montant de 10 euros hors taxe, le prix TTC de l'assiette serait naturellement descendu de 11 euros 96 à 10 euros 55 centimes.

Les restaurateurs qui ne touchent pas à leurs prix augmentent en fait leurs tarifs.

Il est donc faux de dire que certains restaurants ne baissent pas leurs tarifs (la moitié environ). Il serait plus juste de signaler que la moitié des restaurants augmentent leurs prix... (augmentation inversement proportionnelle à la baisse de la TVA).

vendredi 17 juillet 2009

gazette 82. Les geeks, ces inconnus, de Tolkien à Fillon

Les geeks sont à la mode, parait-il. Binoclards, hagards, caricaturaux, ils s'immiscent dans les spots, dans les clips. Fillon se déclare geek, déclenchant de savantes enquêtes dans vos journaux préférés. Sans oublier Lisbeth Salander, la fascinante geekette de la saga "Millenium". Mais qu'est-ce qu'un geek, au juste ? Simplement un insomniaque qui jongle avec trois consoles ? Non, pas seulement. Du Seigneur des anneaux à Star Wars, la communauté geek se reconnait d'abord dans quelques films, romans et jeux, sur lesquels les médias "sérieux" ne se penchent que pour tenter d'en percer le succès (forcément mystérieux) et alerter l'opinion sur les dangers (forcément innombrables) qui y guettent la jeunesse. Depuis qu'elle séduit et recrute en France, cette culture passe sous le radar des médias majoritaires. Inconnue à l'appel. Pourquoi ? La faute auxdits médias, rebelles à la science et à la science-fiction, ou bien aux geeks eux-mêmes, qui ne sont pas toujours communicatifs ? Auteur de la fameuse trilogie des fourmis, ancien journaliste au Nouvel Obs, et geek revendiqué, notre invité Bernard Werber raconte de manière savoureuse comment la rédaction de l'hebdomadaire, unanime, lui refusa en 1985 un article sur le Seigneur des anneaux, au motif que l'auteur, Tolkien, était né en Afrique du Sud, et était donc forcément raciste. Mais les temps changent. Le même hebdomadaire consacre cette semaine plusieurs pages à persuader ses lecteurs que "geek, c'est chic". Après le rock, le rap, et tant d'autres, une culture souterraine est-elle soluble dans le marketing ? Notre émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Tout autre chose. Avez-vous lu dans vos journaux que la Cour des comptes venait de lever un sacré lièvre, en découvrant que l'Elysée avait co-financé des sondages qui se sont ensuite retrouvés publiés dans Le Figaro, et diffusés sur LCI ? Non. Tout se passe comme si une telle nouvelle, dans la torpeur estivale, n'avait aucune importance. Lisez notre enquête ici (même si vous n'êtes pas abonnés), et venez en discuter ici ou . Pour vous abonner, un an ou un mois, c'est là.

Daniel Schneidermann

vendredi 10 juillet 2009

gazette 81. Pourquoi Ardisson, Roselmack et les autres, ont cru Omar Ba

La gazette d'@rrêt sur images, n° 81

C'est un jeune Sénégalais, convaincant et apparemment si sincère ! Quand il a fait le tour des journaux et des plateaux de télé, l'an dernier, pour raconter le cauchemar qu'il avait vécu sur une pirogue d'immigrants clandestins, aucun présentateur, aucun journaliste, n'a mis en doute le récit d'Omar Ba. Le Monde, au terme d'une longue enquête, vient de révéler que ce récit avait été très largement inventé. Les plus grandes émissions de la télé française se sont donc fait avoir, comme naguère par le récit d'une jeune femme qui expliquait qu'elle avait gagné des championnats du monde de jet ski malgré son cancer, ou par cette autre impostrice, devenue vedette en racontant son adoption par des loups, dans l'Europe de l'après-guerre. Ces impostures spectaculaires sont rarissimes. Beaucoup plus rares (et moins pernicieuses, au total) que les micro-trottoirs creux, les oublis orientés, ou tous les coups de com' dont nous vous parlons chaque semaine. N'empêche : ces piqûres de rappel périodiques permettent de se rappeler que les visages familiers de Harry Roselmack ou de Laurence Ferrari peuvent nous vendre n'importe quelle fable, pourvu qu'elle touche des sujets à gros potentiel de fantasme (l'Afrique, la maladie, l'enfance). L'émission que nous consacrons cette semaine à cette spectaculaire imposture est donc hautement pédagogique. Elle est ici. Et ses meilleurs moments sont là :


A l'inverse, c'est sur un pesant silence, que se penche la Ligne j@une, de Guy Birenbaum. Le silence des médias nationaux, sur l'étrange galaxie socialiste du Pas-de-Calais, sur laquelle l'élection municipale de Hénin-Beaumont a braqué les projecteurs. Clientélisme, fraudes, fausses factures : comment tout cela est-il possible, à 30 kilomètres de Lille, et de Martine Aubry ? Regardez le témoignage, de première main, de Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre, catapultée dans le marigot du Pas-de-Calais. Ecoutez un jeune journaliste de La Voix du Nord nous raconter sa découverte des "urnes volantes". Cela ne rend pas optimiste sur l'avenir du PS. Notre émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Et pour vous abonner, pour un an ou pour un mois, c'est là.

Daniel Schneidermann

mardi 7 juillet 2009

« Séries Télé : l'Amérique en 24 épisodes » (format mp3)

En 2008 France Culture a diffusé les 24 épisodes d'une excellente émission radiophonique consacrée aux séries américaines (par Benoît Lagane et Eric Vérat).

Parce que je ne souhaite pas que le choix du format numérique que j'avais choisi nuise aux visiteurs (et empêche certaines personnes de découvrir les émissions), je viens tout juste d'ajouter la possibilité de télécharger les 24 épisodes de l'émission au format mp3.
Préférant toutefois privilégier un format libre, la qualité des mp3 est un peu moindre, mais parfaitement audible.

Vous pouvez donc trouver l'ensemble des émissions aux formats ogg vorbis et mp3 en suivant ce lien : http://www.heraut.eu/fculture/

lundi 6 juillet 2009

Archives des gazettes d'arrêt sur images .NET

J'ai fait quelques mises à jour pour que vous puissiez ici même visualiser l'ensemble des gazettes d'arretsurimages.net (nº 1 — nº 80 à ce jour).

Vous pouvez opter pour une navigation par mois ( liens à droite ), effectuer une recherche sur le site... ou plus simplement suivre le label asi.

Certes beaucoup de liens mènent vers des contenus payants... mais vous pouvez tout de même suivre les grandes lignes éditoriales du site et visionner tous les extraits (gratuits) des émissions.

J'espère que ces contenus vous inciteront à prendre un abonnement (3 euros par mois si vous souhaitez étaler le paiement).

N'hésitez pas à laisser vos commentaires si des erreurs/incohérences s'étaient glissées sur le site.

vendredi 3 juillet 2009

gazette 80. Trois invités que vous ne verrez pas ailleurs !

La gazette d'@rrêt sur images, n° 80

Dans n'importe quelle autre démocratie, vous connaitriez son visage. Magali Drouet est la fille de Claude Drouet, chef d'équipe à la Direction des Chantiers Navals de Cherbourg, une des victimes de l'attentat de Karachi. Elle est cette semaine une des invitées de la Ligne j@une de Guy Birenbaum. Pourquoi est-elle venue ? "Pour que la lumière soit faite" sur les causes de l'attentat. Ce qu'elle nous raconte ? Le quotidien d'une victime collatérale d'affaire d'Etat : témoignages coupés sur TF1, aimables pressions du pouvoir pour qu'elle se tienne tranquille, etc. Dans toute autre démocratie, les médias seraient ses alliés. Et en France ? Eh bien en France, c'est...différent. L'émission est ici. Ses meilleurs moment sont là :







Deux étudiants de Strasbourg viennent de faire vaciller Paris-Match. Ayant gagné un concours amateur de photojournalisme, ils ont admis ensuite avoir mis en scène leurs photos sur la précarité étudiante. Stupeur du jury. Et immense embarras de Match, titillé au point sensible : les photographes, les vrais, eux aussi, ne mettent-ils en scène leurs sujets ? Tel reportage publié récemment sur la prostitution étudiante, photos croustillantes à l'appui, était-il vraiment plus crédible que le canular des deux étudiants ? Les deux provocateurs sont nos invités de cette semaine à @rrêt sur images. L'actuelle direction de Match ayant refusé de venir débattre avec eux, c'est son ancien patron, Alain Genestar, qui est venu défendre (vigoureusement) le photojournalisme attaqué. De manière convaincante ? A vous de le dire. L'émission est ici . Ses meilleurs moments sont là :


Et pour vous abonner (pour un mois, ou pour un an) c'est là.

Daniel Schneidermann