jeudi 30 avril 2009

gazette 70. Finkielkraut : pourquoi j'ai peur de ligne j@une

La gazette d'@rrêt sur images, n° 70

Exaspérant, et irremplaçable Alain Finkielkraut ! Exaspérant, ce culot qui l'autorise à disserter de tout et du reste, en revendiquant parfois une parfaite méconnaissance des sujets. Internet, par exemple : l'a-t-on assez entendu, dans cent émissions, condamner l'anarchie de la Toile. Oui, mais Finkielkraut n'a pas d'ordinateur chez lui, et il nous le confesse dès les premières minutes de l'émission. L'ardeur de ses prédications n'en sera pourtant pas entamée. Irremplaçable, aussi, Finkielkraut, par sa rage à vitupérer la modernité, tout en resituant les convulsions de cette modernité dans la longue durée philosophique, et littéraire. Ce n'est pas seulement parce qu'il a égratigné notre site, que j'ai souhaité l'inviter à débattre. C'est parce qu'il l'a fait en ouvrant de nouvelles pistes de réflexion. De son côté, pour discuter pièces en main, il a regardé notre nouvelle émission, Ligne jaune. Le résultat ? Sans doute l'émission la plus chahutée que nous ayions tournée depuis longtemps. Prévoyez du temps, le débat est long (une heure trente). Mais cette élasticité, qui permet d'aller au fond des sujets, est aussi un charme d'Internet. L'émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Ligne j@une, donc. Elle n'a pas fini de nous réserver des surprises, cette nouvelle venue, animée par Guy Birenbaum. Et à moi aussi, d'ailleurs. Cette semaine, nous avions prévu de nous pencher sur le nouveau sport national de certains journalistes : le lynchage de Rachida Dati. Connait-il des règles, des limites ? Mais la surprise de l'émission sera venue d'ailleurs : d'un de nos invités, Mickaël Darmon (France 2), lâchant quelques torpilles contre TF1, comme peu de journalistes se le permettent. L'émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Et pour vous abonner, c'est là. Bon 1er mai !


Daniel Schneidermann

vendredi 24 avril 2009

gazette 69. Zapatero, etc : que faire des gaffes de Sarkozy ?

La gazette d'@rrêt sur images, n° 69

Tout ça pour ça ? Quel incroyable emballement, a suivi l'étrange montage, par Europe 1, de quelques phrases de Rachida Dati en meeting, ponctuées d'éclats de rire et de bafouillements ! On apprend le lendemain qu'il s'agissait d'un « jeu ». L'emballement laisse un goût de malaise. Quelques jours plus tôt, un embrasement identique avait suivi les étranges petites phrases de Sarkozy sur Zapatero. Un porte-parole de l'UMP traitant Libération de tract, le directeur de Libé le taxant en retour de "roquet": les deux affaires laissent un identique goût de malaise. Ces têtes d'épingle valaient-elles tout ce barouf ? Dans les deux cas, oui et non. Têtes d'épingle, certainement, mais significatives. Le relâchement du langage présidentiel, et celui de Dati, traduisent bien la désinvolture du pouvoir à l'égard des fonctions (et accessoirement, à l'égard du langage lui-même). Nous recevons cette semaine à @rrêt sur images un témoin clé de "l'affaire Zapatero" : le député Vert François de Rugy, celui qui a fait fuiter les petites phrases fatales dans Libération. Ecoutez bien son témoignage. Un député qui rompt les codes, en racontant sur son blog, ou sur un plateau de télévision, une grosse gaffe présidentielle, c'est rare. Mais il faudra s'y habituer. Pour le meilleur et le pire. L'émission est ici (2). Et pour tout savoir de la question qui n'a pas pu être posée à MAM à France Inter, c'est là :


Gardez du temps pour écouter Claude Lanzmann, dans notre nouvelle émission, d@ns le texte. Vous croyiez connaître Lanzmann, l'ombrageux auteur de Shoah ? Le voilà entre les pattes de Judith Bernard, et Frédéric Ferney. Il n'en revient pas, Lanzmann. Déstabilisé, oui, mais...la chose ne semble pas lui déplaire. L'émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Et pour vous abonner, c'est là .

Daniel Schneidermann

vendredi 17 avril 2009

Gazette 68 : les très secrètes opinions des journalistes télé.

La gazette d'@rrêt sur images, n°68

Ce sont de drôles de citoyens, les journalistes de télé. Ils ont des opinions politiques, ils votent, on le sent bien, on joue souvent à les deviner sous le ton de leurs questions, mais... sacro-sainte neutralité oblige, il leur est interdit d'en faire état publiquement. Montrent-ils le bout du nez ? Aussitôt, leur direction s'affole, comme la direction de TF1, qui a immédiatement désavoué un responsable de la chaîne LCI lequel, sur son blog, avait volé dans les plumes de Ségolène Royal. Mais quoi ? Fallait-il cacher aux télespectateurs l'anti-ségolisme virulent du Monsieur ? C'est à ce sujet délicat, que nous consacrons le deuxième numéro de notre nouvelle émission, Ligne j@une, animée par un Guy Birenbaum décidément très convaincant en animateur. Ecoutez notamment ce que nous en dit un de nos chroniqueurs, l'humoriste de France Inter Didier Porte, revenu nous rendre visite cette semaine. Il sait de quoi il parle : lui aussi, à sa manière, est un frôleur (et parfois un franchisseur) de lignes jaunes. L'émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Avec notre bonne vieille @rrêt sur images, nous vous entraînons vers de tout autres figures de Dieux et de Déesses : dans les secrets des toiles de Léonard de Vinci, ou du Titien. Comment en parler à la télévision, et sur Internet ? Nous avons invité Hector Obalk, producteur de la série Grand'Art, sur ARTE, et à mon sens le meilleur vulgarisateur actuel de la peinture. Depuis longtemps, je souhaitais lui faire rencontrer notre Monsieur Peinture à nous, Alain Korkos. C'est fait. Quand deux passionnés se rencontrent, cela fait parfois des étincelles, et aussi...des moments de pur plaisir. A propos, savez-vous quel est le sujet dont la direction du musée du Louvre ne veut surtout pas parler à la télé ? La réponse est dans notre émission . Un certain nombre d'entre vous sont en vacances : ne choisissez pas, prenez le temps de regarder nos deux émissions de la semaine. Pour vous abonner, c'est par là.

Daniel Schneidermann

vendredi 10 avril 2009

gazette 67. Boycotter Le Monde ?

La gazette d'@rrêt sur images, n° 67

Difficile, de se faire une opinion sur le conflit qui s'envenime entre certains enseignants-chercheurs en grève, et Le Monde. Ce conflit va maintenant, nous vous l'avons dit, jusqu'à un appel au boycot du journal. Cette arme-là, entre les mains des profs en grève, est-elle légitime ? Est-elle au contraire attentatoire à la liberté de la presse ? Et pourquoi Le Monde, et pas d'autres ? Comme nous étions partagés, nous avons invité deux enseignants (d'avis contraires) sur le plateau (Le Monde a décliné notre invitation). Nous avons débattu articles en main. Boycot ou pas, le cher vieux journal préféré des intellos n'en sort pas grandi. Bien sûr, un journal a le droit d'écrire ce qu'il veut, et heureusement. Encore faut-il séparer les faits et le commentaire. Le Monde, étrangement, a oublié cette règle d'or. Malheureusement pour lui, il est tombé sur des lecteurs particulièrement affûtés, qui avaient le bagage intellectuel nécessaire pour se défendre, et les dents pour mordre. Cela dit, nos deux invités sont partagés. L'un estime que les chercheurs ont perdu la bataille médiatique. L'autre pense le contraire.

Ne ratez pas non plus la première partie de l'émission. Vous y découvrirez que toutes les vidéos de bavures policières colportées par Internet n'ont pas la même chance de passer dans les journaux télévisés français. Entre une bavure de bobbies à Londres, et des bavures de policiers français à Strasbourg ou à Bastia, lesquelles ont le plus de chances d'être reprises par nos 20 Heures ? Devinez. Notre émission est ici. Son début est là :


Pour vous éloigner un peu de l'actualité, je vous conseille notre nouvelle émission littéraire, D@ns le texte, qui accueille cette semaine l'écrivain Chloé Delaume. Meurtres, désirs de meurtres : de livre en livre, Delaume égrène comme elle respire d'atroces récits. Avec une circonstance particulière : c'est son histoire, qu'elle raconte. Du moins le dit-elle. Mais peut-on la croire ? Peut-on croire une écrivain qui s'est-elle même réinventée ? Plongez d@ns le texte, avec Judith Bernard. Pour vous abonner, c'est là.

Daniel Schneidermann

vendredi 3 avril 2009

gazette 66. Londres, comme un parfum d'Histoire ?

La gazette d'@rrêt sur images, n° 66

Le tumulte retombé, le G 20 de Londres aura-t-il vraiment entamé le secret bancaire, calmé la gloutonnerie patronale ? L'ère libérale entre-t-elle en agonie ? Nos journaux en débattent. Mais nous ne savons plus s'il faut les croire. Non point qu'ils nous mentent (enfin, pas davantage que d'habitude). Mais la plupart de leurs journalistes sont, comme leurs lecteurs, à hauteur d'homme, dans les fumées de la bataille, sans perspective. Voilà pourquoi nous voulu inviter Bernard Guetta, voix matinale de France Inter. Ancien correspondant du Monde à Varsovie, à Moscou et à Washington, il a vu naître Solidarnosc, mourir l'URSS, et s'envoler la révolution conservatrice américaine, trois gros morceaux. Il est sans doute parmi les mieux capables de humer au vol le parfum familier de l'Histoire. Attention : il croit à ses idées, et les défend de manière...assez sanguine. Il faut le voir s'en prendre à son contradicteur, Jean-François Couvrat, talentueux blogueur économique, et lui reprocher son scepticisme. Médias dominants, contre blogosphère ? C'est plus compliqué. Notre émission est ici. Et la collection complète des promesses sarkozyennes d'interdiction des parachutes dorés est là :


Ce n'est pas le G20, qui a déchaîné cette semaine les réactions de nos forums. C'est, jeudi soir, cette nouvelle ahurissante, si elle se confirme : la nomination probable du patron de Charlie Hebdo, Philippe Val, à la direction de France Inter. Ahurissant, oui, car Val, ce n'est pas seulement les petits dessins de « Charlie ». C'est un moine-soldat de toutes les pensées dominantes du moment, taillé dans le même bois que les dirigeants paléo-gaullistes de l'ORTF des années 60. Certains trouveront que j'exagère ? J'espère de tout coeur exagérer ! Et j'espère que les premières réactions, électriques, de nos abonnés exagèrent comme moi.
Pour vous abonner, c'est là.

Daniel Schneidermann

mercredi 1 avril 2009

Gazette spéciale. Une nouvelle émission : ligne jaune !

Et de trois ! Non, ce n'est pas un poisson d'avril : avec la création cette semaine de notre nouvelle émission Ligne jaune, animée par Guy Birenbaum, c'est désormais trois émissions que nous vous proposons sur le site. D'abord évidemment l'historique (et hebdomadaire) @rrêt sur images . Ensuite, depuis un mois la nouvelle-née bi-mensuelle littéraire D@ns le texte, qui a déjà reçu le dramaturge Michel Vinaver et le philosophe Régis Debray. Et maintenant, ce ballet (bi-mensuel lui aussi) autour de la Ligne jaune, qui explorera les limites (parfois étroites) du dicible et de l'indicible, du solide et de l'invérifié et, sur le plan des idées, du lieu commun et du tabou, limites qui varient spectaculairement, selon les énonciateurs, et les époques. Au menu du premier numéro : le clip rap que le gouvernement veut interdire, le financement de la campagne d'Obama, et la retraite des dirigeants de la Société générale.
Pour en voir un extrait, c'est ici :


Nos deux nouvelles nées ont chacune son style, et pourquoi le cacher : ces styles ne se ressemblent pas. Autour de Judith Bernard, nous avons voulu prendre le contrepied de la tendance télévisuelle du moment: nous entrons d@ns le texte tout en écoute et en retenue, respectueux de l'invité, le considérant a-priori, comme disait une de nos abonnées, comme un "trésor vivant qu'on écoute assoiffé de savoir", même si cela n'exclut pas les critiques, parfois rudes. Autour de Guy Birenbaum, on va frôler la Ligne jaune dans un savant désordre, en dérapages plus ou moins contrôlés, dans un crissement de freins et un bruit de klaxons qui pourra...surprendre certains de nos abonnés, mais que je crois fécond. Judith utilise parfois une jolie expression : elle souhaite "mettre les textes en crise". Eh bien, avec cette Ligne jaune, je souhaite mettre périodiquement en crise le site, et nos habitudes. C'est le plus sûr moyen de ne pas s'endormir.

Bien entendu, si vous êtes abonné à la Freebox, je vous rappelle que vous pouvez voir ces trois émissions sur arretsurimages.tv, sur le canal 94 de cette Freebox. Quant à la suite, elle dépend de vous. Nous pouvons, nous souhaitons, faire encore davantage. Pourquoi pas, demain, une émission artistique, une émission scientifique, une véritable et exigeante émission de consommation ? Ce n'est qu'une question de moyens. Avec le trio actuel d'émissions, nous arrivons au bout de ce que nous permet la taille actuelle de notre équipe. Faire davantage, suppose un bond de notre nombre d'abonnés. Alors, n'attendez plus, c'est le moment de vous abonner.

Daniel Schneidermann