vendredi 27 mars 2009

gazette 65. Contre le « parler-mal », vive la princesse de Clèves !

La gazette d'@rrêt sur images, n° 65

Sur la tête de Sarkozy, commencent à pleuvoir des reproches d'un nouveau genre. On lui reproche de malmener la grammaire. De manger ses négations. Internet et chaînes d'information aidant, le stupéfiant relâchement de ses discours aux ouvriers apparaît au plus grand nombre. Sans parler de cette affaire de La princesse de Clèves, qui décidément ne passe pas : qui eût cru qu'un jour, la rebellion contre le pouvoir prendrait la forme d'une lecture publique de Mme de Lafayette ? Querelles de puristes, dérisoires face à la crise financière ? Nous ne le croyons pas, et l'orage de la crise n'éteint pas ces petites voix-là. Elles dessinent le tableau persistant d'une agression multiforme, inconsciente peut-être, contre le savoir lui-même, décrit par le pouvoir comme ringard et risible. C'est pour coller des mots sur ces impressions, que nous avons organisé l'émission, un peu inhabituelle, de cette semaine. Ecoutez donc notre invitée, la philosophe Barbara Cassin, se livrer à un éloge inattendu...de l'hypocrisie. Mais oui ! L'émission est ici. Et pour vous mettre en bouche, c'est là :


Hasard des choses : c'est justement cette semaine, que nous vous proposons de plonger dans le texte du philosophe Régis Debray. "D@ns le texte", c'est le nom de notre nouvelle émission littéraire, animée par Judith Bernard (chroniqueurs : Frédéric Ferney, et Eric Naulleau). Le trio reçoit donc Debray, qui leur parle de Nietzsche et Flaubert, mais aussi du pape et du foot. Un échange courtois...et un brin cruel. Ceux de nos abonnés qui l'ont déjà vue ont été conquis. Foncez découvrir notre princesse, à nous. Vous ne le regretterez pas. L'émission est ici. Un extrait est là :


Et pour vous abonner c'est là.


Daniel Schneidermann

vendredi 20 mars 2009

gazette 64. Des éditorialistes nommés Guignols

La gazette d'@rrêt sur images, n° 64

Puisque les humoristes, aujourd'hui, nous semblent poser les mots les plus justes sur les convulsions de la crise, nous recevons le responsable d'une émission satirique culte : Yves Le Rolland, producteur des Guignols de Canal+, toujours aussi aigus, aussi perçants, aussi ravageurs. Leur Sarkozy égocentrique et bling bling est plus vrai que nature. Leur Carla Bruni est un chef d'œuvre d'evanescence évaporée. Leur commandant Sylvestre, incarnation du capitalisme, n'a rien perdu de son arrogance d'avant la crise financière, « sans doute parce qu'il sait qu'il va tirer son épingle du jeu » soupire Le Rolland, fataliste. Mais le producteur se pourlèche déjà des futurs affrontements entre Sylvestre et Obama. Ecoutez-le. Vous entendrez percer, sous le montreur de marionnettes, un éditorialiste. L'émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Aux Etats-Unis, c'est encore un humoriste télé, Jon Stewart, qui soir après soir pulvérise comme au bowling les vieilles gloires du journalisme financier. Vous n'avez pas encore vu les images ? Regardez-les vite dans notre article. A quand une semblable émission à la télé française ? Tiens, puisque je vous tiens, écoutez-moi encore deux secondes. Depuis plus d'un an, vous lisez cette gazette, et vous ne vous êtes pas encore abonné. Je sais, vous avez mille excuses. La carte de crédit est dans le portefeuille, qui est dans votre manteau, qui est au porte-manteau de l'entrée. Vous vous abonnerez la semaine prochaine. De toutes façons, sur Internet, tout est gratuit. Et puis, ce site, au fond, que propose-t-il vraiment ? Ce que nous proposons ? Une émission hebdomadaire, depuis plus d'un an. Et aujourd'hui, une émission littéraire, « D@ns le texte ». Et dès la fin du mois, une autre émission régulière qui devrait faire jaser (c'est encore une surprise). Sans parler de nos chroniques régulières, ou de notre revue hebdomadaire de la presse étrangère. Maintenant que vous avez bien réfléchi, depuis un an, vous pouvez vous abonner sans crainte. Vous en aurez pour vos trente euros annuels. Pour vous abonner, c'est là.

Daniel Schneidermann

vendredi 13 mars 2009

gazette 63. « Welcome » : la réalité pire que le film ?

La gazette d'@rrêt sur images, n° 63

Le ministre Eric Besson pourra se vanter d'avoir lancé "Welcome". Il aura suffi qu'il attaque le réalisateur Philippe Lioret, pour que ce film sur les migrants de Calais se trouve projeté dans le débat public. Et avec lui, les figures de bénévoles qui, inlassablement, leur servent des repas, ou rechargent leurs téléphones portables. Venez voir sur notre plateau Vincent Lenoir, jeune enseignant et moniteur de voile de Calais, un de ces bénévoles qui ont fait connaissance depuis six ans avec la police, les juges d'instruction et les ennuis, parce que toute la misère du monde s'est donnée rendez-vous à sa porte. Ecoutez ce Vincent Lindon "pour de vrai", raconter la zone de non-droit où se débattent bénévoles et migrants à Calais et qui semble, pour une fois, pire que les reportages ou le film. Ecoutez-le aussi relativiser les parallèles trop tentants. Autant qu'aux Justes de l'Occupation, on pourrait comparer les bénévoles de Calais aux mutins aux mains nues de toutes les époques. "M'en voudrez vous beaucoup si je vous dis un monde où l'on n'est pas toujours du côté du plus fort ?" chantait Ferrat. M'en voudrez-vous beaucoup, si je vous dis que je suis heureux d'avoir reçu Vincent Lenoir ? L'émission est ici . Et des extraits sont ici :


Ne ratez pas nos autres enquêtes de la semaine. Et d'abord nos retrouvailles avec nos invités de la semaine dernière, Stéphane Guillon et Didier Porte . Une fois de plus, il a fallu compter sur eux pour évoquer l'étrange week-end mexicain des Sarkozy. Vous apprendrez aussi comment le gouvernement a capitulé devant les télés privées en renonçant à interdire les publicités pour produits gras dans les émissions pour enfants. Vous apprendrez encore comment les médias et le gouvernement sont (injustement) tombés sur Total : eh oui, même les multinationales peuvent être victimes d'emballements médiatiques ! Pour mémoire, j'espère que vous n'avez pas raté notre prometteuse émission littéraire, D@ns le texte, dont je vous ai déjà parlé cette semaine. Pour vous abonner, c'est ici.

Daniel Schneidermann

mardi 10 mars 2009

Une nouvelle émission littéraire sur le site : d@ns le texte !

Une nouvelle émission littéraire sur le site : d@ns le texte !

C'est une sacrée bonne surprise, que nous vous avons préparée : une nouvelle émission, sur le site. Une émission littéraire ! Toutes les deux semaines, sur le site arretsurimages.net et sur la chaîne arretsurimages.tv, vous vous plongerez avec nous d@ns le texte.

Pour cette nouvelle née, nous avons rassemblé un trio inédit, et prometteur. Animatrice : Judith Bernard, que nos télespectateurs, anciens et récents, connaissent bien. Chroniqueurs : Frédéric Ferney (ex-animateur du Bateau livre sur France 5), et Eric Naulleau (chroniqueur notamment dans On n'est pas couché, sur France 2).

Pourquoi ce trio ? Parce qu'ils se sont rencontrés tous trois sur notre plateau, en décembre dernier. De très nombreux abonnés ont trouvé ce moment magique bien trop court. Et tous trois ont eu envie de le prolonger. Aussi simple que cela.

Pourquoi cette nouvelle émission, sur un site jusqu'ici uniquement consacré à la critique des médias ? Parce que à force de regretter les insuffisances des médias, nous avons eu envie...d'y pallier nous mêmes. La télé ne propose pas d'émission littéraire, dans laquelle on décrypte véritablement les textes ? Allons-y nous mêmes. La tentation était trop forte !

Oui, nous élargissons notre champ. Oui, nous sortons de la stricte critique des médias. Mais je suis sûr que vous y trouverez votre compte. Et puis, entre les deux émissions, il y a une parenté naturelle. Judith Bernard se plongera dans les textes avec la même gourmandise, la même exigence, avec laquelle nous nous plongeons déjà dans les informations, et les images de l'actualité.

Dès à présent, vous pouvez voir la première émission, avec le dramaturge Michel Vinaver, auteur d'une pièce actuellement jouée à la Comédie française, "L'Ordinaire", parabole très éclairante sur le crash d'un certain capitalisme aveugle et autiste. L'émission est ici. Sans abonnement, vous pouvez en voir un extrait ici :


C'est l'occasion ou jamais de vous abonner au site : c'est là.

Et si, abonné Free, vous préférez voir cette émission sur l'écran de votre téléviseur, c'est par ici.

Daniel Schneidermann

vendredi 6 mars 2009

gazette 62. Guillon et Porte : les humoristes d'Inter parlent

La gazette d'@rrêt sur images, n° 62

En quelques jours, Stéphane Guillon, humoriste du matin sur France Inter, s'est retrouvé au coeur du feuilleton politico-médiatique en France. Il a suffi que Sarkozy confie qu'il n'appréciait pas son humour (et glisse dans la même phrase qu'il ne pensait pas renouveler l'actuel président de Radio France), pour que le microcosme s'emballe. Et voilà ces quelques minutes matinales, que se partagent Guillon et Didier Porte, sous les projecteurs. Et voilà le duo engagé dans un match qui est un classique de la République (après Bedos contre Giscard, Le Luron contre Mitterrand, ou les Guignols contre Balladur). Comment Porte et Guillon vivent-ils cette situation ? Ecoutez leurs réponses. Et leurs différences (comme on dit dans leur station): l'un se vit plutôt comme un « journaliste de complément ». L'autre se jure plutôt potache. Mmm ! Faut-il vraiment le croire ? Notre émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Comme chaque semaine, nous avons déroulé devant eux nos meilleures séquences d'actualité. Semaine riche, où les principaux médias français se sont précipités sur quelques grossiers "pièges à médias". D'abord, un beau concours de cris d'alarmes, devant les lettres de menaces envoyées à une dizaine de destinataires, sans doute par un déséquilibré. Regardez les marchands de peur, vendre leur boniment. Et dès le lendemain, cet emballement de tous les journaux télévisés à propos d'un nouveau site internet, qui a réussi à semer une belle panique en expliquant aux gogos qu'il allait vendre à tous les élèves de France des devoirs « clés en main ». Quelques heures après avoir reçu les télés, démasqué par le Web, le site mettait (« provisoirement ») la clé sous la porte. Pour vous abonner, c'est là.

Daniel Schneidermann