La gazette d'@rrêt sur images, n° 48
Rarement un sujet avait à ce point enflammé nos forums. Nous avons décidé d'ouvrir un dossier sur Le Canard Enchaîné à partir d'un livre à charge, publié cette semaine. Qu'avions-nous fait ! Cris de colère, soupirs de déception, menaces de désabonnement : certains abonnés n'ont pas apprécié du tout. Pas touche au cher Canard !
Nous ne sommes pas canardocides: nous aimons Le Canard enchainé. Nous nous reconnaissons dans son modèle économique sans pub. Nous nous voyons même volontiers comme un petit caneton sur la Toile. Vous voulez une confidence personnelle ? Accro depuis l'âge de quinze ans, je ne pourrais pas m'en passer un seul mercredi. Mais un livre est publié. C'est une enquête sérieuse, qui pose des questions sur les influences politiques qui s'exercent sur l'hebdomadaire satirique. Au nom de quoi devrions-nous faire silence ?
D'autant qu'un ancien journaliste du Canard, Nicolas Beau, reconnait sur notre plateau qu'un scoop sur les honoraires d'avocat perçus par Sarkozy alors qu'il était ministre de l'Intérieur a été enterré par l'hebdomadaire, entre les deux tours de la présidentielle, parceque Sarkozy...était une source du Canard. Si vous n'avez pas envie de le savoir, ne regardez pas notre émission de la semaine. On n'oblige personne. Mais nous vous aurons donné les éléments. Personnellement, cette révélation ne m'empêchera pas de continuer à lire, et aimer Le Canard. L'émission est ici. La révélation de Nicolas Beau est là :
Nous ouvrons deux autres dossiers cette semaine. Un dossier "l'Etat, c'est nous". Parce que nous en avons assez de voir un seul homme (toujours le même) s'approprier l'Etat pour honorer ses amitiés (Clavier), et assouvir ses vengeances (Villepin), dans le silence général. Enfin, un dossier "En direct du Vietnam parlementaire". Nous avons décidé d'aller suivre le débat parlementaire sur la loi sur l'audiovisuel public. Révolution: pour la première fois, nous sortons de nos murs, et partons "sur le terrain", comme disent les journalistes. Ne ratez pas ce grand moment ! Pour vous abonner, c'est là.
Daniel Schneidermann
vendredi 28 novembre 2008
gazette 48. Sarkozy, gorge profonde du Canard ?
Libellés :
asi
vendredi 21 novembre 2008
gazette 47. Pourquoi Darcos épluche le Net
La gazette d'@rrêt sur images, n° 47
Que cherche Xavier Darcos, ministre de l'Education, en payant des agences de communication pour éplucher forums et blogs traitant d'Education ? Seulement à s'informer, ou à « fliquer les profs », comme l'en accuse son prédecesseur Jack Lang ? Je posais la question la semaine dernière. Et le débat s'est enflammé sur nos forums. Edvige, les carnets secrets d'Yves Bertrand, cela commence à faire beaucoup !
Personnellement, j'avais parfois le sentiment d'une certaine paranoia, dans nos forums. Si l'on s'exprime sur un site ou sur un blog, n'est-ce pas, après tout, pour être lu ? Et si le gouvernement semble obsédé d'Internet, n'est-ce pas un hommage à l'influence nouvelle de ce media ? C'est pour cette raison que nous avons eu envie d'organiser le débat de cette semaine, entre deux univers étrangers l'un à l'autre : deux enseignants et deux communicants. Regardez-le. Je ne sais pas si vous en sortirez inquiets ou rassurés. Mais je sais que c'est la première fois que discutent face à face, et non pas dans le cloisonnement d'un forum, ceux qui sont de chaque côté des jumelles du pouvoir. Notre émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :
Autre chose. Les journaux télévisés vous ont tenus en haleine, cette semaine, avec le feuilleton d'une adolescente de 14 ans, « séquestrée par un pédophile rencontré sur Internet », et heureusement retrouvée par la gendarmerie. A peine libérée, que dit l'adolescente ? Qu'elle n'a jamais été « séquestrée », et était consentante. Ce qui n'empêche pas France 2 de continuer à parler de séquestration. Le feuilleton est tellement plus vendeur ! En revanche, aucun de vos journaux ne vous a raconté que Sarkozy a signé de sa main un décret retardant de dix-sept jours la mutation d'un magistrat qui enquêtait sur son rival Villepin, dans l'affaire Clearstream. Pourquoi ce fait-divers-ci, et pas celui-là ? Qui choisit, entre les « storytellings » ? C'est pour tenter de vous expliquer ces mystères que nous épluchons la télé, pendant que Darcos épluche la Toile. Pour vous abonner, c'est ici.
Daniel Schneidermann
Que cherche Xavier Darcos, ministre de l'Education, en payant des agences de communication pour éplucher forums et blogs traitant d'Education ? Seulement à s'informer, ou à « fliquer les profs », comme l'en accuse son prédecesseur Jack Lang ? Je posais la question la semaine dernière. Et le débat s'est enflammé sur nos forums. Edvige, les carnets secrets d'Yves Bertrand, cela commence à faire beaucoup !
Personnellement, j'avais parfois le sentiment d'une certaine paranoia, dans nos forums. Si l'on s'exprime sur un site ou sur un blog, n'est-ce pas, après tout, pour être lu ? Et si le gouvernement semble obsédé d'Internet, n'est-ce pas un hommage à l'influence nouvelle de ce media ? C'est pour cette raison que nous avons eu envie d'organiser le débat de cette semaine, entre deux univers étrangers l'un à l'autre : deux enseignants et deux communicants. Regardez-le. Je ne sais pas si vous en sortirez inquiets ou rassurés. Mais je sais que c'est la première fois que discutent face à face, et non pas dans le cloisonnement d'un forum, ceux qui sont de chaque côté des jumelles du pouvoir. Notre émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :
Autre chose. Les journaux télévisés vous ont tenus en haleine, cette semaine, avec le feuilleton d'une adolescente de 14 ans, « séquestrée par un pédophile rencontré sur Internet », et heureusement retrouvée par la gendarmerie. A peine libérée, que dit l'adolescente ? Qu'elle n'a jamais été « séquestrée », et était consentante. Ce qui n'empêche pas France 2 de continuer à parler de séquestration. Le feuilleton est tellement plus vendeur ! En revanche, aucun de vos journaux ne vous a raconté que Sarkozy a signé de sa main un décret retardant de dix-sept jours la mutation d'un magistrat qui enquêtait sur son rival Villepin, dans l'affaire Clearstream. Pourquoi ce fait-divers-ci, et pas celui-là ? Qui choisit, entre les « storytellings » ? C'est pour tenter de vous expliquer ces mystères que nous épluchons la télé, pendant que Darcos épluche la Toile. Pour vous abonner, c'est ici.
Daniel Schneidermann
Libellés :
asi
vendredi 14 novembre 2008
gazette 46. La ministre et les « nihilistes »
La gazette d'@rrêt sur images, n° 46
A l'heure où je vous envoie cette gazette, personne ne sait de quoi sont vraiment coupables les neuf personnes soupçonnées d'avoir saboté les caténaires de plusieurs lignes TGV. Mais depuis quelques jours, quel tohu-bohu autour de la "mouvance anarcho-autonome", et de ces « nihilistes potentiellement très violents » ! Faisant écho à la ministre de l'Intérieur Michelle Alliot-Marie, toutes les chaines de télévision nous ont bombardés d'images du "QG", dans lequel "le cerveau" et "ses lieutenants" fourbissaient leurs noirs desseins. Peut-être la police a-t-elle touché juste. Mais quelle ardeur générale, dans la fabrication d'un épouvantail médiatique, qui succède aux « barbus islamistes », ou aux « gangs ethniques » !
La plus belle perle de nos confrères est certainement cette "épicerie tapie dans l'ombre" d'un village de Corrèze. Selon France 2, la « mouvance » y avait trouvé refuge. Infos, intox et littérature ! Pour mieux comprendre, ne manquez pas notre émission de cette semaine. Deux journalistes (France Info et Le Parisien) nous racontent comment ils slaloment entre les vérités officielles. Ont-ils l'impression de se faire intoxiquer ? En tout cas, « l'affaire du RER D, on l'a tous en tête » disent-ils. Notre émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :
Ne manquez pas non plus le débat qui se développe à propos de la surveillance d'Internet, que souhaitent les ministres Darcos et Pécresse, et qui vise à « repérer les leaders d'opinion ». Le ministère veut-il "fliquer les professeurs", comme le dit Jack Lang, ou bien ne s'agit-il que d'une inoffensive revue de presse améliorée ? Nos abonnés sont partagés, et il est vrai que la question n'est pas simple, à l'heure où chacun s'exprime, parfois inconsidérément, sur Internet.
Et pour vous abonner, c'est là.
Daniel Schneidermann
A l'heure où je vous envoie cette gazette, personne ne sait de quoi sont vraiment coupables les neuf personnes soupçonnées d'avoir saboté les caténaires de plusieurs lignes TGV. Mais depuis quelques jours, quel tohu-bohu autour de la "mouvance anarcho-autonome", et de ces « nihilistes potentiellement très violents » ! Faisant écho à la ministre de l'Intérieur Michelle Alliot-Marie, toutes les chaines de télévision nous ont bombardés d'images du "QG", dans lequel "le cerveau" et "ses lieutenants" fourbissaient leurs noirs desseins. Peut-être la police a-t-elle touché juste. Mais quelle ardeur générale, dans la fabrication d'un épouvantail médiatique, qui succède aux « barbus islamistes », ou aux « gangs ethniques » !
La plus belle perle de nos confrères est certainement cette "épicerie tapie dans l'ombre" d'un village de Corrèze. Selon France 2, la « mouvance » y avait trouvé refuge. Infos, intox et littérature ! Pour mieux comprendre, ne manquez pas notre émission de cette semaine. Deux journalistes (France Info et Le Parisien) nous racontent comment ils slaloment entre les vérités officielles. Ont-ils l'impression de se faire intoxiquer ? En tout cas, « l'affaire du RER D, on l'a tous en tête » disent-ils. Notre émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :
Ne manquez pas non plus le débat qui se développe à propos de la surveillance d'Internet, que souhaitent les ministres Darcos et Pécresse, et qui vise à « repérer les leaders d'opinion ». Le ministère veut-il "fliquer les professeurs", comme le dit Jack Lang, ou bien ne s'agit-il que d'une inoffensive revue de presse améliorée ? Nos abonnés sont partagés, et il est vrai que la question n'est pas simple, à l'heure où chacun s'exprime, parfois inconsidérément, sur Internet.
Et pour vous abonner, c'est là.
Daniel Schneidermann
Libellés :
asi
vendredi 7 novembre 2008
gazette 45. Obama : derrière l'icône
La gazette d'@rrêt sur images, n° 45
Et maintenant ? Les fumées d'encens de l'Obamania commençant à se dissiper, que peut-on attendre du nouveau président des Etats-Unis ? Comme beaucoup d'entre vous sans doute, l'élection d'Obama m'a formidablement ému. Mais comme toutes les grand-messes, son exubérante célébration médiatique, à la Ingrid Betancourt ou à la Soeur Emmanuelle, fait lever davantage de questions que de réponses.
Nous nous sommes essayés, dans l'équipe, à un exercice difficile, et plus difficile que jamais à propos d'Obama: l'enthousiasme critique. Comment rester insensible à la dimension historique de l'événement, et aux images de joie des Noirs américains ? Certains matins, il n'y a pas d'autre choix que de les laisser, simplement parler. Mais en même temps, il nous fallait pointer les ridicules des présentateurs-vedettes français, fondant sur Manhattan comme des sauterelles. Il nous fallait pointer leurs a-priori parfois extravagants sur les Etats Unis, et je vous conseille à ce sujet notre analyse des reportages de l'envoyée spéciale de France 3.
Désir de passer à présent derrière l'icône : au fond, notre invité de la semaine, le démographe iconoclaste Emmanuel Todd, est dans la même attitude. Je vous conseille sa réaction, après visionnage d'un savoureux montage de présentateurs français se bousculant à Manhattan. Il y décèle un "désir de servitude". Les Etats-Unis ? « Ce n'est plus une hyperpuissance, c'est une hypernuisance ». Quant à Obama, "c'est le candidat de l'establishment financier" assure-t-il. Vrai ? Faux ? Nous nous sommes empressés d'enquêter. Et les chiffres, publics, révèlent que c'est vrai : Obama a reçu davantage d'argent des banques que McCain. On n'a peut-être pas fini d'en parler. Notre émission est ici. Son début est là :
Et pour vous abonner, c'est là.
Daniel Schneidermann
Et maintenant ? Les fumées d'encens de l'Obamania commençant à se dissiper, que peut-on attendre du nouveau président des Etats-Unis ? Comme beaucoup d'entre vous sans doute, l'élection d'Obama m'a formidablement ému. Mais comme toutes les grand-messes, son exubérante célébration médiatique, à la Ingrid Betancourt ou à la Soeur Emmanuelle, fait lever davantage de questions que de réponses.
Nous nous sommes essayés, dans l'équipe, à un exercice difficile, et plus difficile que jamais à propos d'Obama: l'enthousiasme critique. Comment rester insensible à la dimension historique de l'événement, et aux images de joie des Noirs américains ? Certains matins, il n'y a pas d'autre choix que de les laisser, simplement parler. Mais en même temps, il nous fallait pointer les ridicules des présentateurs-vedettes français, fondant sur Manhattan comme des sauterelles. Il nous fallait pointer leurs a-priori parfois extravagants sur les Etats Unis, et je vous conseille à ce sujet notre analyse des reportages de l'envoyée spéciale de France 3.
Désir de passer à présent derrière l'icône : au fond, notre invité de la semaine, le démographe iconoclaste Emmanuel Todd, est dans la même attitude. Je vous conseille sa réaction, après visionnage d'un savoureux montage de présentateurs français se bousculant à Manhattan. Il y décèle un "désir de servitude". Les Etats-Unis ? « Ce n'est plus une hyperpuissance, c'est une hypernuisance ». Quant à Obama, "c'est le candidat de l'establishment financier" assure-t-il. Vrai ? Faux ? Nous nous sommes empressés d'enquêter. Et les chiffres, publics, révèlent que c'est vrai : Obama a reçu davantage d'argent des banques que McCain. On n'a peut-être pas fini d'en parler. Notre émission est ici. Son début est là :
Et pour vous abonner, c'est là.
Daniel Schneidermann
Libellés :
asi
Inscription à :
Messages (Atom)
