vendredi 29 août 2008

gazette 35. Emmenez-nous dans votre poche !

La gazette d'@rrêt sur images, n° 35

Vous avez certainement vu, au journal télévisé, des reportages avec les troupes françaises d'Afghanistan. Les soldats recevant leur courrier, instruisant les sous-officiers de l'armée afghane, ou bien une interview édifiante d'un ancien taliban, rallié à l'Armée officielle. O surprise ! Ces séquences sont les mêmes, exactement les mêmes, que celles que tournait la télévision balbutiante lors de la guerre d'Algérie, au tournant des années 60. Regardez les : on les dirait parfois directement inspirées l'une de l'autre.

Mystère de la communication (de la propagande ?) de guerre. Pourquoi la vie de nos militaires est-elle racontée toujours de la même manière ? Est-ce l'armée qui tient la main des cameramen, en leur indiquant ce qu'il faut voir (et ne pas voir) ? Question posée dans notre émission de cette semaine. Elle vous apprendra des choses : pourquoi de Gaulle tenait à ce qu'on voie les images d'Algérie, et comment le pouvoir d'aujourd'hui n'a pas voulu que l'on voie les cercueils des morts français, à leur descente d'avion. Les meilleurs moments sont ici :


Nous avons créé cette semaine un dossier Claude Askolovitch. Pourquoi ? Parce que ce valeureux confrère vient de passer du Nouvel Obs au groupe Lagardère, où il sera notamment en charge d'un éditorial politique quotidien sur Europe 1. Coïncidence ? A début de l'été, c'est lui qui avait déclenché « l'affaire Siné », en volant au secours de Jean Sarkozy, fils du président, malmené par le dessinateur de Charlie Hebdo. Il est désormais un des éditorialistes les plus influents de France. Nous écouterons attentivement cette nouvelle voix du grand orchestre du système.

Grande nouveauté : dès cette semaine, la première partie de notre émission est disponible en podcast. Même non abonné, vous pouvez donc télécharger un morceau d'@rrêt sur images, et nous emmener dans votre poche, où vous voudrez. Profitez-en, c'est gratuit ! Signalez-le à vos amis. Je vous explique le pourquoi et le comment ici. Pour profiter de ce nouveau service, c'est encore ici. Et pour vous abonner (enfin !), c'est là.

Daniel Schneidermann

mercredi 27 août 2008

La flamme des J.O. embrase le monde

Le gros des festivités est passé et je ne peux m'empêcher de faire le lien entre les J.O. et la tension qui s'élève à l'Est.
La communauté internationale, qui s'est majestueusement prosternée (sauf à quelques trop rares exceptions) devant la Chine, n'a t'elle pas ouvert la voie au conflit russo-géorgien ?

Les russes ont pu constater encore une fois que la communauté internationale n'est composée que de grandes bouches frileuses, des pantins dont notre cher Dalai-Lavette (cf. Charlie Hebdo) n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.

vendredi 22 août 2008

gazette 34. Géorgie, ovnis, Bruni : ce que vous avez raté cet été

La gazette d'@rrêt sur images, n° 34

La guerre, donc. Ou plutôt, deux guerres simultanées, en Géorgie et en Afghanistan. Deux guerres, avec leur cortège de propagande, et de rhétorique d'accompagnement surannée. A propos de la guerre de Géorgie, nous avons résumé pour vous le débat qui fait rage, dans la presse française, entre partisans et adversaires du plan de paix de Sarkozy et qui, une fois n'est pas coutume, oppose un Alain Minc à un Bernard-Henri Lévy. Avec, en matière de propagande, un avantage à ce dernier, qui vient de publier une double page dans Le Monde, et dont on découvre qu'il n'est pas allé où il disait être allé, et qu'il n'a pas vu ce qu'il affirmait avoir vu.

Sur l'Afghanistan, la télévision retentit d'une rhétorique d'exaltation de la guerre, que l'on croyait oubliée depuis août 14, à base de « sacrifice suprême », et de « lourd manteau de la responsabilité suprême ». Les premiers éléments sont ici. Pendant ce temps, sur le Web, la base militaire fulmine contre le manque de moyens, et l'impréparation des soldats envoyés en Afghanistan. Mais on ne l'entend pas à la télévision.

C'est bientôt la rentrée. Pendant les vacances, vous ne vous êtes peut-être pas connectés tous les jours. Nous avons donc pensé à vous. Notre émission de cette semaine vous permettra de rattraper tout (ou presque) ce que vous avez raté pendant l'été. Kouchner, Sarkozy, les ministres faisant la promo de Carla Bruni, une minorité oubliée en Chine, et les ovnis de Harry Roselmack, sont au rendez-vous. Et en prime, le nouveau décor promis avant les vacances, qui rappellera peut-être quelque chose aux nostalgiques. L'émission est ici.
Si vous n'êtes pas (encore) abonné, les meilleurs moments sont ici :


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Daniel Schneidermann

jeudi 14 août 2008

Gazette 33. Russie contre Géorgie, la guerre des propagandes

La gazette d'@rrêt sur images, n° 33

Vous avez certainement vu les images de la guerre foudroyante déclenchée, au coeur de l'été, entre la Russie et la Géorgie. Vous les avez vues, parce que les journaux télévisés les ont largement diffusées. Après le compte-rendu quotidien des performances françaises aux Jeux Olympiques, certes. Il faut garder le sens des priorités ! Mais cette guerre a été largement couverte.

Pourtant, vous ne savez peut-être pas que les opérations militaires cachent une guerre de communication sans merci, entre les directions russe et géorgienne. Chacun des deux pays, sur les antennes de sa télévision nationale, multiplie les images pathétiques d'enfants, de vieillards, victimes des exactions de l'adversaire. Les journalistes sont abreuvés de communiqués plus ou moins manipulatoires, rédigés avec l'aide de conseillers occidentaux. Les deux camps s'accusent aussi de cyber-attaques. Notre enquête complète est ici.

Autre enquête de la semaine: comment une journaliste de TF1 a-t-elle pu annoncer en direct au 20 Heures la mort d'un enfant disparu, qui venait d'être retrouvé sain et sauf ? Le récit de cette incroyable bavure médiatique est ici.

Enfin, savez-vous pourquoi le blog du spécialiste de la musique au Figaro s'appelle « Pas plus haut que le bord » ? La réponse est dans notre émission de la semaine, qui rassemble trois blogueurs journalistes, officiant sur les sites du Figaro, du Monde et de Libération. L'émission n'est pas optimiste sur l'avenir des médias traditionnels, mais davantage sur l'information elle-même, qui trouvera, qui trouve déjà, d'autres chemins. Elle est ici. Comment donc ? Vous n'êtes pas encore abonné ? Alors, ses meilleurs moments sont là :


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Daniel Schneidermann

vendredi 8 août 2008

Gazette 32. Quand Internet pousse à la bagarre

La gazette d'@rrêt sur images, n° 32

Risquons une question sacrilège : Internet donne-t-il envie de cogner ? Ce média pousse-t-il à la bagarre, à la polémique, aux positions extrêmes ? Pour ceux qui s'y expriment, qu'ils soient journalistes professionnels ou internautes anonymes des forums, le média est de nature à lever bien des inhibitions. Je tape sur mon clavier, un simple clic, et hop, c'est en ligne. Aucune relecture. Aucune barrière. Aucune modération. Internet donne-t-il la fièvre à la politique, au débat d'idées ? Des intellectuels, des journalistes chevronnés peuvent-ils se laisser entraîner à des polémiques qui dépassent les positions de leurs médias respectifs ? Nous avons eu envie de poser la question aux deux protagonistes de la plus longue polémique de l'année, Jean-Michel Aphatie (RTL, Canal+) et Philippe Cohen (Marianne 2). Pendant toute l'année, à propos de la dette, de la connivence des médias avec les politiques, ces deux-là ont ferraillé à distance. Ils sont tous deux sur notre plateau. Non point pour se battre, mais pour réfléchir sur leur bagarre. Et surprise : ils se parlent ! Les meilleurs extraits de l'émission sont ici :


Et l'émission entière est là.

Autre chose. Tous nos médias ont célébré, à juste titre, la mort de Soljenitsyne, celui qui révéla le Goulag. Et d'affirmer qu'il était, aux yeux des Russes, un des plus grands écrivains du siècle. Mais surprise : à ses obsèques à Moscou, ne se pressaient que...quelques maigres centaines de badauds. Qui vous l'a dit ? Comme nous le signalons... personne (à l'exception de Libération). Pourquoi ? Libé pointe une "nostalgie de l'Union Soviétique". Cette nostalgie existe, dans bien des pays de l'ancien bloc de l'Est. Est-il possible que l'état d'esprit d'un grand peuple soit si éloigné de l'image qu'en donnent les médias étrangers ? On ne le saura pas. La presse étrangère n'enquêtera pas : cette nostalgie n'entre pas dans les grilles de lecture.

Et les JO, me direz-vous ? Bien entendu, nous allons suivre les JO. Nous allons rechercher, dans l'océan d'articles et d'émissions, les voix les plus originales et inattendues. Notre première sélection de blogs est là. Et pour vous abonner, c'est ici.

Daniel Schneidermann

vendredi 1 août 2008

Gazette 31. Val contre Siné, la guerre des bulles

La gazette d'@rrêt sur images, n° 31

Dernier conseil des ministres : les ministres ne partent pas les mains vides. Vous avez certainement lu, vu et entendu que Carla Bruni a offert son disque au gouvernement de la France reconnaissant. Et vous les aurez vus, les ministres, faire la promotion des chansonnettes officielles à la sortie du palais.
Ce qui s'est décidé lors de ce dernier conseil, les JT n'en parleront qu'après vous avoir montré le disque. Trois projets de loi, résument-ils. Lesquels? Ils en ont retenu deux : développement du bracelet électronique pour les détenus, et « maison à 15 euros par jour ». Certes, ils ont évoqué en quelques mots l'absence de moyens. Dans le meilleur des cas, ils ont pointé l'incohérence qui consiste à remplir les prisons, tout en s'efforçant de les vider. Mais sur la troisième mesure, rien. Il est vrai qu'il s'agit de la création d'une nouvelle niche fiscale pour l'Outre-mer. Alors que le gouvernement avait affiché sa volonté de supprimer ces niches, on comprend qu'il ait tenté de faire passer ce projet avec discrétion. Avec la complicité de tous nos médias. C'est un petit oubli estival. Mais tellement révélateur. Comblez cette lacune ici.
Quand une « affaire » dépasse-t-elle l'anecdote, pour devenir importante ? Au début, nous n'avons pas souhaité accorder trop d'importance à l'affaire Val-Siné. Un théâtre de postures, une petite guerre des bulles, nous semblait-il. Et puis, voici que s'enflamment les politiques, des intellectuels, et...nos internautes. Voici qu'on s'étripe, autour de la liberté d'expression, et des frontières de la provocation. Et il devient évident que, parlant de cette affaire, nous parlons, en fait, d'autre chose. Mais de quoi donc ? Tout notre dossier est là. D'ailleurs (mais c'est un hasard) c'est un caricaturiste, Plantu, qui est un des invités de notre émission de cette semaine. Il n'y est pas tendre pour Internet, et pour le site de son propre journal (Le Monde). Les meilleurs moments de l'émission sont ici :


Et pour vous abonner (même en été) c'est là.
Daniel Schneidermann