vendredi 25 juillet 2008

Trêve estivale

Dans mes valises :
Et ajouté en dernière minute :

« Judaïsme Religion, culture, identités », un petit bouquin distribué avec le Nouvel Observateur (n°2281 du 24 au 30 juillet).

Et un grand courage à celles et ceux qui ne peuvent se permettre des vacances...

jeudi 24 juillet 2008

Quatre producteurs de Jazz de France Musique licenciés.

Je relaie ci-dessous un message reçu cet après-midi même dans ma boite électronique. Je vous invite à faire circuler l'information.

Quatre producteurs de Jazz de France Musique licenciés.

« Pour un complément d’information, voir ici même le compte rendu de la conférence de presse de Marc-Olivier Dupin vendredi dernier, et l’article d’Anne-Laure Bucelle consultable sur le site de Jazzman.

Rappel des faits : il y a deux semaines, et sans que rien ne l’ait laissé présager, Philippe Carles, Claude Carrière, Jean Delmas et Alain Gerber ont été avisés par lettre recommandée que leurs contrats à France Musique (et également France Culture pour Alain Gerber) ne seraient pas renouvelés à la rentrée. Motif évoqué par le nouveau directeur de France Musique, Marc-Olivier Dupin : la “limite d’âge de 65 ans”, qui ne figure pourtant ni dans leurs contrats ni dans les conventions des producteurs à Radio France. Cette décision reflète à l’évidence la politique de “rajeunissement” initiée par Jean-Paul Cluzel, le PDG de Radio-France, et touche tout aussi abruptement les producteurs d’autres chaînes dans la même tranche d’âge, notamment sur France Inter, Jean-Pierre Coffe, et aux dernières nouvelles Jean-Louis Foulquier.
L’inquiétude ne vient donc pas seulement du fait que France Musique décide de licencier quatre personnalités qui depuis tant d’années se sont mobilisées pour la cause du jazz, mais d’une interrogation sur ce que sera la place de cette musique dans la nouvelle grille de France Musique, et également des autres chaînes - car pour le moment rien ne filtre sur les noms des nouveaux producteurs à même de prendre le relais de Carles, Carrière, Delmas et Gerber - on ne peut qu’espérer qu’ils auront autant de culture et de talent !

Le propos de la pétition n’est malheureusement plus d’oeuvrer pour le retour de ces quatre producteurs. Pour ce qui les concerne, la décision est prise et semble irrémédiable. Mais plutôt d’organiser une mobilisation très rapide de la profession dans son ensemble, pour garantir la pérennité de la place du jazz sur France Musique, et faire savoir aux responsables de cette décision que le milieu dans son ensemble continuera de rester vigilant, et exigeant quant à la qualité des nouvelles émissions qui prendront le relais à la rentrée.

Mode d’emploi :

Il faut aller très vite pour que la pétition parvienne à ses destinataires au moment où certaines décisions sont encore en train de se prendre, soit au plus tard en début de semaine prochaine. Nous n’avons guère le temps de mettre en place une procédure classique de signature sur internet. Il serait donc extrêmement précieux de pouvoir nous appuyer sur quelques relais au sein des différents réseaux, qui peuvent en un minimum de temps recueillir le plus possible de signatures de leurs adhérents. Tous les regroupements de signatures nous faciliteront les choses :
- pour les réseaux, les signatures de vos adhérents
- pour les musiciens, les signatures des musiciens des orchestres sont vous faites partie
- pour les enseignants, les signatures de vos élèves ou d’autres professeurs,
- pour les agents, les signatures des musiciens que vous représentez,
etc.

Merci à tous ceux qui se proposent de servir de relais de m’en informer à l’adresse suivante : initiales@martinepalme.com

Toutes les signatures isolées sont naturellement bienvenues - indiquez en sujet :
“Pétition France Musique”, et confirmez OK je signe à initiales@martinepalme.com en précisant nom, prénom, et profession.

Bien cordialement

Martine Palmé »

Vous pouvez télécharger ici même l'article diffusé ci dessus.

gazette 30. Eolas, le blogueur anonyme, parle !

La gazette d'@rrêt sur images, n° 30

Vous connaissez Eolas, forcément. Pas physiquement, et pour cause : cet avocat est un blogueur anonyme. Mais son blog est aujourd'hui incontournable, pour tout ce qui touche au droit. Même les journalistes des « journaux de référence » le consultent quotidiennement, y puisent des analyses, et même parfois... des révélations. Eolas est sur notre plateau cette semaine. Désolé pour le scoop : nous n'avons pas filmé son visage. Mais il est venu nous raconter la manière dont Internet révolutionne notre information. Face à lui, Philippe Bilger, haut magistrat atypique, blogueur lui aussi. Et Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire au Monde, une des rares journalistes-blogueuses du quotidien. Cette émission est la première, de notre série d'été, sur l'information mutante du Web. Elle est ici. Autre nouveauté, une chronique de Anne-Sophie Jacques, sur les mots-stars de l'année écoulée. Cette année, par exemple, la radio vous a bassiné avec le « carcan des 35 heures ». Mais savez-vous ce qu'est exactement un carcan ? Ce petit rappel est là.

Pour autant, nous ne délaissons pas l'actualité. La vraie : pas de banc d'essai des crêmes glacées, ou de faits-divers de l'été, sur notre site. Avez-vous entendu parler au 20 Heures du (mauvais) bilan de la réforme Fillon 2003 sur les retraites ? Non. Et pourtant, un rapport l'a pointé en détail. Comme la semaine dernière, notre observatoire des « oublis » des 20 Heures est fidèle au poste. Passez le lire !

Toutes ces nouveautés de l'été, pour les faire connaître, nous comptons... sur vous. Notre chroniqueur Alain Korkos a dessiné de fort jolies bannières animées. En voici une :

Bannière

Vous pouvez trouver ici toutes les autres. Rien de plus facile, si vous êtes blogueur, que de les afficher sur votre blog, pour faire connaître @rrêt sur images. C'est aussi cela, la révolution Internet. Et enfin, pour vous abonner au site, c'est toujours ici...

Daniel Schneidermann

mercredi 23 juillet 2008

Dati en tournée... sur le web


Je fus un peu surpris d'apprendre, à la lecture d'un récent article de Libération, que l'actuelle ministre de la Justice avait fait mettre en ligne un blog vidéo faisant sa promotion.

Le nom de domaine « http://www.ministre-justice.fr » pourrait laisser penser que nous avons affaire ici à un site d'information des plus sérieux...

La page se charge sur Madame Dati, nous décelons rapidement la supercherie.

Quelle étrange République mettrait en avant, non point les pôles la composant (justice, économie...), mais les personnes qui en occupent temporairement les fonctions ?
Quelle ministre pourrait penser que sa propre image a plus d'importance que l'office dont il a la charge ?

Si s'occuper des affaires de la nation est un « sacerdoce », nous pouvons nous étonner du manque de modestie de ses dignitaires.

Point de canicule à l'horizon, mais beaucoup de symptômes laissant penser à quelques insolations dans les hautes sphères de la politique.

mardi 22 juillet 2008

Berlin en 1945

« Mais ici, il s'agit d'une expérience collective [NDLR : le viol], connue d'avance... de quelque chose qui frappait les femmes à gauche, à droite et à côté, et qui, d'une certaine manière, faisait partie de tout un contexte. Cette forme collective de viol massif et aussi surmontée de manière collective. Chaque femme aide l'autre en parlant, dit ce qu'elle a sur le coeur (...) »

Une femme à Berlin, p.227,
mardi 8 mai 1945, éd. Gallimard




Si nous jaugions l'Humanité sur ses périodes de guerre, lorsque l'être n'est plus qu'instincts et pulsions : alors, nous devrions aussi rire de la frêle et ridicule parure dont nous vêt la civilisation...

dimanche 20 juillet 2008

Nucléaire : l'énergie propre dans de sales mains

[ Source image : wikipedia ]


L'affaire « Tricastin » relance le feu nucléaire.

Si l'on s'évertue à nous parler du nucléaire comme une énergie propre, les récents événements nous incitent plus à la prudence et à la réflexion.

« Si à chaque fois que nous sommes transparents nous provoquons des craintes, il y a un problème. » (Dixit Anne Lauvergeon, patronne d’Areva).

Une bien étrange conception de la transparence.

Si je n'ai rien contre le nucléaire en soi, il est à craindre que l'actuel système d'autocontrôle équivaille finalement à une absence complète de surveillance.
Lorsque les principaux acteurs économiques sont eux-mêmes les gardes fous du système, nous pouvons nous attendre au pire.

Je suis tombé des nues lorsque j'ai appris que le CRIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité) n'avait pas même accès aux sites sensibles. Nous voici dans la situation d'un CSA qui n'aurait pas possibilité de regarder certaines chaînes de télévision : un bel outil de supervision !

Puisque le nucléaire serait pour l'heure la seule voie possible, nous pourrions au moins espérer un véritable organisme indépendant pour en assurer le contrôle, et ce sur toute la chaîne de production (de l'extraction à l'enfouissement des déchets radioactifs).

samedi 19 juillet 2008

Lettre à Philippe Val

« Philippe Val,

Tu es à Charlie Hebdo ce que Sarkozy est à la France.

A la différence près que lui a été élu; toi, dans des conditions qui m’échappent et dont je me tape, tu as fait un coup d’Etat. Me revient une phrase que j’avais écrite à propos de certains politiques, de droite ou de gauche, et qui, au regard de ton attitude, te concerne aujourd’hui: "Ce n’est pas en crachant dans les miroirs qu’on guérit de l’eczéma. Ça les démange et ils se grattent sur la peau des autres."

Après t’être acharné -c’était une urgence!- sur Denis Robert, dont manifestement tu ne connais ni les livres ni les films, voilà que tu t’en prends à Bob Siné, que, brutalement, tu vires pour antisémitisme. Il y a longtemps que les lecteurs attentifs de "Charlie" savent ce qui vous oppose à propos du conflit israélo-palestinien. Prétexte, donc.

Antisémite, Siné? As-tu lu David Grossman et Amos Oz, écrivains israéliens qui, sans relâche, luttent, en Israël, contre l’actuel pouvoir israélien? Antisémites eux aussi?

Moi, qui ai dit sur la scène de l’Olympia "je ne confondrai jamais Ariel Sharon et Bibi Netanyahu avec Anne Franck et Primo Levi", suis-je pour autant un néonazi qui s’ignore?

Je pourrais te mépriser, je te plains. »

Guy Bedos à Philippe Val, le 16 juillet 2008 (Paris)

Touareg : le désert médiatique

Suite à la lecture d'un article sur le site d'arrêt sur images, j'ai visionné le court documentaire d'arte traitant de la rébellion targuie au Niger.

[Source image : wikipédia ]

S’il manque malheureusement de faits historiques et géopolitiques, le documentaire d'Olivier Poncelet nous entraine inévitablement à prendre parti pour ce groupe d'hommes à l'apparence fort sympathique qui luttent contre la toute-puissance du gouvernement et des entreprises étrangères.

Il y a vraiment ici tous les ingrédients pour se ranger du côté de l'opprimé :

— une chape de plomb militaire qui écrase la région et ses occupants
— l'entreprise française Areva (celle la même liée à l'affaire du site nucléaire de Tricastin)
— l'absence d'information, l'empêchement journalistique...

Le cocktail est explosif.

Si les médias ne traitent du sujet qu'à l'occasion de faits prêtant, justement, à « médiatisation » : enlèvement de quatre salariés français de l'entreprise Areva, arrestation de journalistes français par le gouvernement ; le net fourmille d'informations sur la communauté et le combat des Touareg

- la TéléLibre a notamment donné la parole à un chef targui en février 2008
- les combattants touareg communiquent par l'intermédiaire d'un blog.
- ça et là, moult blogs personnels véhiculent l'information.

vendredi 18 juillet 2008

Gazette 29. L’entourloupe Tapie, pas vue dans les 20 Heures

La gazette d'@rrêt sur images, n° 29

Tapie, quel beau sujet ! Quand Tapie récupère quelques centaines de millions, payés par le contribuable, dans des conditions obscures, ce pourrait être un sujet plus beau encore. Les journaux de 20 Heures pourraient faire une belle audience, en menant l'enquête sur les conditions dans lesquelles un étrange trio d'arbitres privés a tranché en faveur de l'homme d'affaires le litige qui l'oppose au Crédit lyonnais. Et la part prise par Sarkozy dans cette opération de court-circuitage de la Justice. Mais non. Rien. Les télés sont en vacances. Vive le pont du 14 juillet, qui a permis d'étouffer le pétard ! Il ne faut pas perturber l'estivant. Et TF1 a même réussi l'exploit, images d'archives à l'appui, de faire croire à ses téléspectateurs que ces « arbitres » étaient de vrais juges, ce qu'ils ne sont pas. Si vous voulez voir l'entourloupe, elle est là.
Ce n'est pas le seul sujet, passé à la trappe à la faveur de l'été. 30 000 postes de fonctionnaires seront supprimés en 2009 ? Rien au 20 Heures. 600 voitures brûlent pendant les festivités du 14 juillet ? Rien nulle part. Quatre jeunes sont condamnés pour l'exemple à des peines de prison ferme après ces violences ? Rien encore. Tout l'été, nous allons donc décerner aux 20 Heures les plus aveugles des « écrans noirs d'or ». Quelque chose me dit que les heureux lauréats ne vont pas manquer. Nos premiers écrans noirs sont là. Et si vous voulez voir comment Roselyne Bachelot part en guerre contre l'alcoolisme juvénile en s'appuyant sur des statistiques pour le moins incertaines c'est là. Enfin, pour reprendre notre (bonne) tradition de l'époque de France 5, nous consacrons cette dernière émission de la saison à…un point sur notre aventure, avec le concours de nos internautes. Cette émission est là. Et pour vous abonner, c'est ici.

Daniel Schneidermann

jeudi 17 juillet 2008

France Inter : « Ecoutez la ressemblance »


« Pluralisme anémié sur France Inter : nouveaux décomptes des cartons d’invitation »


Sous ce titre, Acrimed publie une intéressante comptabilité des invités de la radio publique, et ce notamment pour les matinales de France Inter.

Rien de surprenant pour ceux qui écoutent icelle, mais ces chiffres assez précis démontrent que l'impression première est justifiée.

Nous voici confrontés à ce que je pense être le plus gros vice des principaux médias (j'entends par là, les médias à très forte audience) : seule la pensée « commune » est véhiculée. Le reste semble considéré comme un enfantillage indigne des oreilles de son auditeur (lecteur, téléspectateur...).

Nous nous attendrions, crédules que nous sommes, à ce que France Inter soit justement terre d'accueil de discours novateurs et de pensées originales.

Instant littéraire...

Je note tous les bouquins que je lis. Pour quelle raison saugrenue ?
Tout simplement parce que ma mémoire est étrangement sélective.
Eh oui... pas moyen de mémoriser titres et auteurs alors que pour mon boulot, je suis capable de stocker dans mon petit cerveau des tonnes de mots de passe sans signification aucune.

Donc, je note mes lectures au fur et à mesure depuis presque un an.

Comme un blog ça peut servir aussi à ça... je vous colle la liste ci-dessous :

La sorcière de Portobello Paulo Coelho juin 2007
La face cachée de la lune Martin Suter juillet 2007
Comment j'ai raté mes vacances Geoff Nicholson aôut 2007
L'ignorance Kundera août 2007
Lunar Park Bret Easton Ellis sept. 2007
Cosmopolis Don Delillo oct. 2007
J'étais derrière toi Nicolas Fargues oct. 2007
Un été à Key West Alison Lurie oct. 2007
L'insoutenable légèreté de l'être Kundera oct. 2007
Thérapie David Lodge nov. 2007
Changement de décor David Lodge nov. 2007
Jeu de société David Lodge dec. 2007
Un tout petit monde David Lodge Jan. 2008
Les hommes qui n'aimaient pas les femmes Stieg Larsson mars 2008
Electrons Libres James Flint mars 2008
Les langues paternelles David Serge avril 2008
La musique Yukio Mishima avril 2008
A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie Hervé Guibert avril 2008
La Doctrine des bonnes intentions Noam CHOMSKY avril 2008
La Castration Mentale Bernard Noël mai 2008
Sur la Télévision Pierre Bourdieu mai 2008
Ainsi parlait Zarathoustra Nietzsche mai 2008
Et Bien, Dansez Maintenant... Marc Lambron mai 2008
Père - fille : Une histoire de regard Didier Lauru juin 2008
Le roman de Laïd Anne Bourrel juin 2008
La Route Cormac McCarthy juin 2008
Petit cours d'autodéfense intellectuelle Normand Baillargeon juin 2008
Les saisons de la nuit Colum McCann juin 2008
La mémoire enchaînée Françoise Vergès juillet 2008
Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale Simone Weil juillet 2008
Les monologues du vagin Eve Ensler juillet 2008
Marche de nuit sans lune A.H. Benotman juillet 2008

Je dois avouer qu'aucun ne m'a déçu.

Vous pouvez constater qu'il y a un peu de tout. J'aime à fouiner à droite et à gauche, et même dans des rayons sur lesquels, dans un premier élan, je n'irai pas forcément poser les yeux.
J'aime prendre note d'une référence sur un coin de ma table suite à l'écoute d'une émission radio.

Oh combien la lecture est plus divertissante et féconde que le poste de télévision !

mercredi 16 juillet 2008

Un 14 juillet devant sa télé...


Je me permets de détourner cette vidéo du blog du chroniqueur Guy Birenbaum parce que les premières minutes sont assez étonnantes.
Je passe sur la saisissante « drôlerie » des commentaires, avouant avoir rarement entendu des élucubrations aussi médiocres et dépourvues d'intérêt. Pour un 14 juillet, nous avons là un bien beau feu d'artifice d'âneries.

N'y a t'il pas, chez Carla Bruni, un petit quelque chose de ces actrices un peu « nunuches » que nous pouvons encore dénicher dans les archives de la télévision française ? Une manière de s'exprimer avec une « suave innocence » laissant l'impression que l'interlocuteur ne comprend pas très bien le sens des questions posées.

mardi 15 juillet 2008

De la télévision publique

Je suis assez mal placé pour parler « télévision » puisque je n'ai pas de petit écran.
J'entendais récemment, dans une émission d'arrêt sur images : « seuls les gens qui ne regardent pas la télévision ne voient pas de différence entre les chaines privées et les chaines du service public. » (Dixit à peu près en ces termes Madame Simone Harari).

Aussi mon point de vue n'est-il que de celui qui observe les choses de l'extérieur, avec seulement quelques images visionnées çà et là lors de mes visites chez des possesseurs de tubes cathodiques (ou désormais d'écrans plasma).

Je me demande donc, avec toute la candeur à laquelle m'oblige ma position, pourquoi moi, je ne vois que peu de différences, et avance ainsi l'idée suivante : pourquoi ne pas garder qu'une ou deux chaines, telles qu'arte et france 5; et de céder les autres au privé ?

Si le service public se doit de marquer la différence avec ses concurrentes, je pense alors que le modèle franco-allemand d'arte joue admirablement son rôle.
Si une partie seulement des budgets des autres chaines était reversée au budget d'icelle, je pense que tous les problèmes de financement s'en trouveraient réglés, que l'argent permettrait de proposer des programmes travaillés avec soin... et que la fameuse redevance suffirait largement à pourvoir à son autonomie.

Pourquoi donc vouloir a tout pris se placer sur le terrain généraliste, et de proposer des programmes plus ou moins similaires à ceux que propose le domaine privé (j'entends par là les grandes lignes de la programmation).

Placer, par exemple, une émission littéraire après Naguy amène t'il le public a regarder l'émission culturelle en question ? Parsemer ça et là la grille de documentaires entraine t'-il les gens (trop paresseux pour zapper) à consulter ces derniers ?
Je doute de cette hypothèse, mais peut-être que quelques esprits éclairés me ramèneront sur le droit chemin.

Si la finalité est de proposé des contenus de qualité, alors je ne vois pas pourquoi ne pas restreindre ceux-ci à une ou deux chaines ?

J'entends déjà ce type d'arguments : arte c'est très peu de téléspectateurs... c'est une élite culturelle à faible audience. Et bien que tout le monde dise aimer arte, très peu la regarde.

Certes, il sera alors difficile de proposer de la qualité et de vouloir que tout le monde se jette dessus... puisque si justement le service public s'en préoccupe, c'est justement parce que la qualité n'attire pas forcément les foules (et par là même les régies publicitaires).

Si les émissions culturelles attiraient les téléspectateurs comme le « demi pêche » les guêpes lors d'un été caniculaire, alors cela ferait longtemps que TF1 les proposerait à ses "cerveaux disponibles".

La télévision c'est aujourd'hui un bouquet de chaines dans lequel le téléspectateur pioche ça et là la télévision qu'il affectionne. Aussi, pourquoi le service public ne proposerait-il pas ses programmes dans une ou deux fleurs de ce bouquet ? Sans se soucier de vouloir tenir le spectateur en haleine toute la sainte journée (et de tomber ainsi dans les travers des chaines privées, dont l'audience est le seul cheval de bataille).

dimanche 13 juillet 2008

Écriture carcérale

C'est en écoutant ce documentaire d'Arte Radio :



que m'est venue l'envie de découvrir les talents littéraires de Abdel-Hafed Benotman.

« Tous [NDLR : les détenus] signataires d'un bail dont aucun ne retrouvera sa caution, locataires d'une cellule pour laquelle le loyer est payable chaque seconde d'un morceau de vie. »
A.H. Benotman, Marche de nuit sans lune (éditions Rivages/Noir, p.16)

samedi 12 juillet 2008

Les monologues du Vagin

Décidément, les auteures me choient ces derniers temps. Je pose à peine l'ouvrage de Simone Weil que je tombe en amour pour les célèbres Monologues du Vagin, d'Eve Ensler.
Poétiques, humoristiques, pathétiques... les adjectifs pourraient se succéder sans donner la véritable teneur des textes assemblés et composés par son auteur.

Il s'agit d'un hymne au Vagin que chaque Femme et chaque Homme, dès son plus jeune âge, devrait appréhender... et de se laisser enivrer par la somme de parfums, d'images et de sensations qu'il exhorte à découvrir.

Hymne à la Femme qui nous rend, nous les hommes, si petits, les Monologues du Vagin sont d'intérêt public.

vendredi 11 juillet 2008

Gazette 28. Ségolène Royal, « visitée » et lynchée

La gazette d'@rrêt sur images, n° 28

Une ancienne candidate à la présidentielle subit, voici deux semaines, une intrusion avec effraction à son domicile. Il s'agit manifestement d'une tentative d'intimidation. Que croit-on qu'il se passe ? Rien. Le parti au pouvoir ricane (c'est déjà scandaleux), et les médias (c'est inquiétant) ne lèvent pas la paupière. Et Ségolène Royal doit aller au 20 Heures, donner de la voix, et accuser implicitement (sans preuves) le « clan Sarkozy », pour réveiller tout le monde . Le lendemain, c'est Laurent Fabius qui assure à la télévision qu'il eu, lui aussi, le sentiment d'être écouté et suivi. Alors ? Toujours rien. Son intervieweur passe à autre chose. Eh bien nous, à @rrêt sur images, ce silence général nous crie aux oreilles. Nous continuerons donc à suivre les enquêtes politiques et médiatiques sur cet affaire. Quels qu'en soient les résultats.

Quelques abonnés, sur nos forums, se sont émus de l'arrivée d'un nouvel abonné pas tout à fait comme les autres, Nicolas Princen, le conseiller chargé par Sarkozy de surveiller l'Internet (et notamment ce que dit l'Internet du président). Il a souscrit un abonnement, sous son nom. Nous l'avons remarqué. Par transparence, nous l'avons dit immédiatement . Que les inquiets pour notre liberté se rassurent : nous allons veiller à donner de la lecture, beaucoup de lecture, à Nicolas Princen. Pour commencer, il peut visionner notre émission de cette semaine, qui revient sur la saga de la commission Copé, avec des producteurs qui en étaient membres. Espoirs, revirements, incohérences : les oreilles du patron de Nicolas Princen vont siffler. Les meilleurs moments de notre émission :


Et pour vous abonner, c'est là.

Daniel Schneidermann

jeudi 10 juillet 2008

« Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale »

Je reviens à nouveau sur la philosophe Simone Weil, parce que ses « Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale » m'ont particulièrement intéressé.

Bien que certains passages puissent paraitre un peu obscure de par les notions philosophiques que l'auteur y aborde (je pense par exemple au chapitre intitulé Tableau théorique d'une société libre) , l'ensemble du livre est accessible à tout un chacun.

Le texte est d'une modernité sidérante.

La philosophe aborde entre autres des points comme « le renversement du rapport entre moyens et fins » avec des exemples des plus concrets :

« L'argent ne fournit pas un procédé commode pour échanger des produits, c'est l'écoulement des marchandises qui est un moyen pour faire circuler l'argent.»

La complexité de la société serait une des causes de l'inéluctable oppression des ses citoyens :

« Quant à l'ensemble de la vie sociale, elle dépend de tant de facteurs dont chacun est impénétrablement obscur et qui se mêlent en des rapports inextricables que personne n'aurait même l'idée de chercher à en concevoir le mécanisme. »

Disponible au format poche pour la somme de 7 euros, je vous invite vivement à découvrir cette oeuvre de Simone Weil.

Jeux Olympiques de Pékin

Swimming

Weight lifting

Archery

Jugée trop brutale (par l'ONG elle même), cette campagne de publicité d'Amnesty International ne sera pas diffusée comme prévu.
Internet semble désormais le seul espace permettant la diffusion de ces « magnifiques photos » de l'agence de publicité TBWA.

mardi 8 juillet 2008

Arte+7


Une sélection de programmes diffusés sur Arte disponible gratuitement pendant 7 jours sur internet.
L'interface est belle et ergonomique, les vidéos sont disponibles en plusieurs formats (cela fonctionne parfaitement sous linux) : une très bonne initiative de la chaîne franco-allemande.

Rendez-vous donc sur Arte+7

Modernité

« La période présente est de celles où tout ce qui semble normalement constituer une raison de vivre s'évanouit, où l'on doit, sous peine de sombrer dans le désarroi ou l'inconscience, tout remettre en question [...] On peut se demander s'il existe un domaine de la vie publique ou privée où les sources mêmes de l'activité et de l'espérance ne soient pas empoisonnées par les conditions dans lesquelles nous vivons. Le travail ne s'accomplit plus avec la conscience orgueilleuse qu'on est utile, mais avec le sentiment humiliant et angoissant de posséder un privilège octroyé par une passagère faveur du sort, un privilège dont on exclut plusieurs êtres humains du fait même qu'on en jouit, bref une place. »

[ 2008 1934, Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale, Simone Weil ]

vendredi 4 juillet 2008

gazette 27. Dis papa, c'était comment, l'ORTF ?

La gazette d'@rrêt sur images, n° 27

Quelle semaine ! Entre la rebellion de Carolis contre le projet Sarkozy, tardive mais salutaire , et le déchainement médiatique de la libération d'Ingrid Betancourt, en passant par la fuite d'une video pirate montrant « sept minutes de guerre froide » entre Sarkozy et les journalistes de France 3, nous n'avons pas chômé. Et vous non plus : vous avez afflué sur notre site, pour tenter de comprendre ces furieuses batailles dans lesquelles, vous le sentez bien, se joue votre information de demain.

L'époque est déroutante. Ses signaux sont contradictoires. Nous voici, un pied dans la grand-messe païenne (Betancourt) et un pied dans le retour à la vieille ORTF, et son information sous contrôle. Aucun de ces deux avenirs ne nous plait vraiment, à @rrêt sur images. Et nous comptons bien continuer de vous aider à échapper aux deux.

Cette semaine, par exemple, pour notre émission, nous sommes partis sur un chemin de traverse. On parle beaucoup de l'ORTF. Mais les programmes de l'ORTF, au-delà des mythes, en quoi consistaient-ils exactement ? Comment s'exerçait le contrôle gaulliste sur l'information ? Comment s'organisait, au jour le jour, la censure ? Qui décidait de produire les grandes séries, comme Thierry la Fronde ? Pour revenir aux sources du service public de la télévision, nous avons invité le meilleur connaisseur du secteur : l'historien Jean-Noël Jeanneney. Les meilleurs moments de notre émission sont ici :


Et pour vous abonner, c'est là.

Daniel Schneidermann