lundi 30 juin 2008

Six Feet Under

Voici donc terminé le visionnage des 63 épisodes de Six Feet Under, et donc à peu près l'équivalent horaire.
Et c'est avec une tristesse certaine que l'on achève la dernière saison de la série, un je ne sais quoi qui nous prend aux tripes.

Si je devais conseiller une seule série américaine, ce serait celle-ci, sans hésitation aucune.

Le talent des producteurs réside notamment dans le fait de n'avoir pas tiré de manière excessive sur la « ficelle commerciale »... d'avoir réussi à terminer la série en beauté.

Il me semble que la plupart des pans de ce qui constitue l'être humain sont évoqués. Toutes les émotions et tous les sentiments sont abordés avec brio. Les acteurs jouent de manière admirable et certains même (je pense au rôle de Ruth Fisher) sont carrément exceptionnels.

Ces dizaines d'heures passées en compagnie des personnages nous permettent une totale immersion dans la vie de cette famille. J'ai l'impression même que l'identification s'effectue sur l'ensemble de ses membres ( sur l'entité « famille ») plutôt que sur l'un ou l'autre des protagonistes.

La mort est abordée de plein fouet, sans parure ni tabou. La série semble nous proposer la réconciliation avec nos peurs les plus profondes, mais sans pourtant nous abreuver de concepts philosophiques ou religieux... juste en nous montrant les choses telles qu'elles sont,avec une intime justesse.

Le deuil est replacé dans sa temporalité : il n'est point question de passer à autre chose, mais d'apprendre à vivre avec la douleur (qui elle, ne disparaitra jamais vraiment)... et cela, ça prend du temps.

La série aborde, saison 3, la difficulté du deuil lorsque le corps est absent, ce qui peut être compris littéralement (disparition en mer...), mais aussi sur un plan sociétal : le fait de cacher le (la) mort au vivant.

La série évolue avec ses personnages et si la première saison laisse une place importante à l'humour, aucun épisode ne laisse vraiment présager le devenir du suivant.

vendredi 27 juin 2008

gazette 26. « Expulsé » par Sarkozy, Genestar parle

La gazette d'@rrêt sur images, n° 26

Il a été l'un des hommes les plus puissants des médias français. Il est aujourd'hui rendu à la vie ordinaire. Il se dit heureux d'avoir le temps de déjeuner avec sa femme et ses enfants. Il vient d'ouvrir une galerie de photos. Et, deux ans après, il vient de publier un livre pour raconter comment Nicolas Sarkozy a obtenu sa tête de directeur de Paris Match, auprès de son patron, Arnaud Lagardère, après la publication en couverture d'une photo montrant Cecilia Sarkozy en compagnie de son amant. Alain Genestar est notre invité de cette semaine.

Quand il était directeur de Match, il nous était très difficile, à Arrêt sur images, de parvenir à parler à Genestar au téléphone. Un directeur de Match est dépositaire de beaucoup de secrets. Pas forcément de lourds secrets d'Etat, mais tout de même assez pour ne parler qu'avec méfiance. Aujourd'hui, même s'il en dit beaucoup sur cet univers du pouvoir dont il a été expulsé, sa parole sur le plateau ne m'a pas semblé tout à fait libérée. Comme si un filet invisible l'entravait encore. Nostalgie ? Peur ? Espoir de revenir dans le système, même s'il assure le contraire ? A vous de le dire. En tout cas, à l'heure où la volonté sarkozyenne de casser le service public de l'audiovisuel s'affirme de semaine en semaine, voici une pièce supplémentaire au dossier, jamais refermé, des rapports de Sarkozy et des médias. Les meilleurs moments de cette émission sont ici :


Et si vous voulez la visionner en entier, et en profiter pour vous abonner, c'est là.

Daniel Schneidermann

mardi 24 juin 2008

France - Canada : uniformité de l'information ?

Les outils modernes permettent maintenant de ne plus se restreindre à l'écoute des seules radios de la bande hertzienne, et donc d'élargir son horizon médiatique.
J'ai donc réglé mon poste sur une célèbre radio canadienne francophone (la Première Chaine), et me suis rendu compte que le contenu de leurs informations n'est guère différent du nôtre.
En faisant fi des informations locales, l'on s'aperçoit rapidement que nos intérêts et nos problèmes sont assez similaires.
Crise pétrolière, problèmes économiques liés à la « mondialisation », élections présidentielles américaines... nous ne sommes pas trop « dépaysé ».
Je fus particulièrement étonné de constater que le nom de notre président de la République n'est pas précédé de son statut.
Ainsi, nous entendons, « Nicolas Sarkosy a ... », et non pas, comme je m'y attendais : « Le président français Nicolas Sarkosy a ... ».
Bien que nous nous sentions proches du Québec en raison d'une langue commune (quoi que ...), nos deux pays sont très différents ; nos histoires contemporaines et nos positions géographiques sont bien distinctes.
L'information, ce qui construit en quelque sorte notre vision du monde, semble assez similaire dans nos deux pays. Il serait intéressant de chercher si cette homogénéisation médiatique découle de notre proximité, ou si inversement ces similitudes participent en quelque sorte de l'extirpation de la distinction culturelle.

lundi 23 juin 2008

Noms de domaine : vers la cacophonie

Jusqu'à présent, tout nom de domaine se termine pas une extension dont la nomenclature est relativement simple à comprendre.
— le .com est signe d'un domaine représentant une entité commerciale,
— le .fr annonce un site français (voir francophone)
— le .org se destine aux organisations, les .gov aux gouvernements...

Le principe d'attribution et de maîtrise de ces noms de domaine est hiérarchique :

Si vous achetez le domaine monsite.fr, vous pouvez gérer l'ensemble des sous domaines et attribuer ainsi :
— ici.monsite.fr
— cest.ici.monsite.fr
L'élément le plus haut dans cette pyramide représentant justement l'extension .fr (que vous ne contrôlez pas).

Il semble qu'il y est des chances que le système soit revu et que nous pourrions, d'ici peu, choisir directement cette extension.

J'avoue ne pas comprendre l'intérêt de cette modification (hormis sur le plan financier), et de pressentir que nous nous dirigeons droit vers la « cacophonie ».

Dans un tel système, nous nous retrouverions avec des sites comme « http://besoin.de.toi » ou « http://vie.politique » et je pense que bon nombre d'internautes se sentiront rapidement perdus au milieu de sites dont le nom de domaine prendra directement la forme d'une phrase sans qu'un élément le distingue formellement (ce qui est le cas aujourd'hui avec les extensions parce qu'elles sont en nombre limité).

vendredi 20 juin 2008

gazette 25. Attention, téléphones portables ?

La gazette d'@rrêt sur images, n° 25

Le thème a éclaté cette semaine au JT, et dans vos journaux : il faut faire attention aux téléphones portables. Eloignez-les de vos enfants ! Tenez l'ustensile à plus d'un mètre ! Ce sont des cancérologues qui vous le disent.

Comme dans toutes ces paniques touchant à la santé publique (amiante, vache folle, grippe aviaire, OGM), il n'est pas facile de démêler l'information fiable du mélo émotionnel ou à l'inverse, d'une information minimum, édulcorée par la pression des annonceurs. Passant en quelques jours de la condescendance amusée des dix dernières années au tocsin, la télé n'en fait-elle pas trop ?

Sur notre plateau cette semaine, une journaliste, auteur d'une enquête d'Envoyé spécial, que vous avez peut-être vue. Et avec elle, Etienne Cendrier, qui alerte les médias depuis dix ans sur les dangers des antennes-relais, et notre spécialiste du cerveau, Sebastien Bohler. Vous ne ressortirez pas de notre émission de cette semaine avec des certitudes. Ou, peut-être, la certitude que... dans l'incertitude, il est prudent de prendre des précautions. Les meilleurs moments de cette émission sont ici :


Et si vous voulez vous abonner, pour tout savoir sur l'électro hyper-sensibilité, c'est là. Et ça ne rend pas malade !

Daniel Schneidermann

mardi 17 juin 2008

Théâtre de Nîmes - nouveau site en ligne

Mise en ligne officielle, aujourd'hui à 11 h, du tout nouveau site de la scène nationale de Nîmes.
Ce fut plusieurs mois de travail pour Philippe Couret, l'équipe du théâtre et moi ; et il y a toujours comme un pincement au coeur lors de ces « parturitions ».

Entièrement dynamique, le site offre à ses utilisateurs une panoplie d'outils leur permettant d'être entièrement autonomes pour en gérer le contenu.

Nous en sommes maintenant à notre deuxième conception pour des théâtres, Philippe (le graphiste) et moi, et j'avoue être fier de notre travail. Notre première réalisation fut celle du site du Cratère, scène nationale d'Alès.

samedi 14 juin 2008

Économie : englué dans le pétrole

Je m'excuse par avance du manque d'originalité de cette publication.
Il s'agit plus ici d'un constat que d'une plainte.
Ma fille, ma compagne et moi vivons dans une location mal isolée dont la principale source d'énergie est le fuel. Locataires, nous ne pouvons donc que subir le choix énergétique fait par nos propriétaires il y a des années de cela ( et nous ne pouvons les en blâmer).
Quatre fois par an, nous commandons 500 litres du combustible, et facture à l'appui, je vous livre ici des chiffres plus qu'éloquents :
  • 25/01/2007 — 275 euros
  • 31/03/2007 — 300 euros
  • 27/08/2007 — 315 euros
  • 18/11/2007 — 380 euros
  • 14/01/2008 — 375 euros
  • 12/06/2008 — 500 euros
Augmentation : 80%

Je précise que l'hiver nous maintenons la température aux alentours de 17-18 degrés.
Le reste de l'année, ledit fuel est seulement utilisé pour l'eau chaude.

L'addition est assez salée. Pour une année nous verserions donc 2000 euros si le tarif s'équilibrait, ce qui est plus qu'improbable.

Comme des milliers de personnes, nous serons donc contraints de nous rapprocher de la ville et de trouver un logement plus économique. Et fatalement, nous nous retrouverons dans la situation où le parc immobilier ne pourra satisfaire la demande croissante.

Quid des personnes qui ont alors fait le choix d'acheter dans un périmètre de quarante ou cinquante kilomètres de leur lieu de travail ?

J'ai entendu ce matin même à la radio que pour les demandes de prêts immobiliers, les banques tiendraient désormais compte des coûts du transport domicile-travail. Il est donc raisonnable d'en tirer l'hypothèse que de nombreux foyers auront beaucoup de mal pour régler leurs traites.
De plus, s'ils devaient vendre leurs biens immobiliers, parce qu'en difficulté financière, ils devront faire face à une faible demande d'acquisition ( leurs maisons se situant trop loin des centres urbains).

Je pense être plus réaliste qu'alarmiste. La période de transition vers d'autres modèles économiques sera rude et nous allons payer encore une fois pour l'incompétence de nos dirigeants politiques.

vendredi 13 juin 2008

gazette 24. Offensive anti-web, ça se confirme...

La gazette d'@rrêt sur images, n° 24

Sacré Sarkozy ! Encore et toujours lui, partout ! Sarkozy souhaite-t-il mettre au pas Internet, le contrôler politiquement ? Je posais la question la semaine dernière dans cette gazette, en observant la convergence, de la part du pouvoir, de trois offensives : l'une judiciaire (contre les « sites pédophiles »), la deuxième économique, contre le téléchargement illégal, et la troisième politique (contre le « sensationnalisme » des sites d'information). Est-ce bien une coïncidence, ou certaines de ces attaques servent-elles de paravent à d'autres ?

Pour en avoir le coeur net, nous avons invité cette semaine sur notre plateau trois journalistes travaillant sur des sites Internet, et spécialistes du secteur. Alors, confrères, dites-nous, les internautes sont-ils paranos ? Eh bien, je suis ressorti de ce plateau un peu plus convaincu plus inquiet qu'au début. Oui, selon nos invités, derrière les raisons policières et judiciaires, parfaitement légitimes, de filtrer le Web, peuvent se cacher des arrière-pensées économiques, ou même politiques. Je ne sais pas si vous tirerez de cette émission les mêmes conclusions que moi. En revanche, je suis certain que vous trouverez bien un moyen de nous le dire ! Les meilleurs moments du plateau sont ici :



et l'émission est exceptionnellement disponible dans son intégralité (pour les non abonnés) ici même.

Enfin, ne ratez pas notre scoop de la semaine, sur la manière dont Le Figaro a raconté, sans beaucoup de précautions, la belle histoire d'un petit Français devenu le scénariste de la série à succès Dr House, Belle histoire, sauf... qu'elle est fausse. L'article est accessible ici, même si vous n'êtes pas abonnés. Mais à propos, qu'attendez-vous pour vous abonner ? C'est par là.

Daniel Schneidermann

jeudi 12 juin 2008

Pas net le Net

Le gouvernement réfléchit à la mise en place d'un système permettant de bloquer l'accès aux sites à caractère pédophile.
Malheureusement, les annonces précédant comme souvent la réflexion, certains détails techniques risquent de refroidir les honnêtes préoccupations gouvernementales.

Je vais tenter de simplifier la problématique qu'un tel dispositif rencontrerait :

En premier lieu, le réseau internet français est d'assez bonne qualité. De par ce fait, il est très peu centralisé. Aussi, filtrer les communications nécessiterait de modifier la configuration de très nombreux points d'accès, dorénavant connu sous le nom de DSLAM.
Pour simplifier, le réseau se compose comme une toile d'araignée. Si vous êtes situé en bord gauche d'icelle, vous ne passerait pas par le centre de la toile pour vous rendre sur le bas du réseau.
Aussi faudrait-il intercepter votre communication dès la sortie de votre domicile.
Sur ce point, je vous renvoie au lien mentionné en base de page.

Ensuite, pour bloquer l'accès aux dits sites, il faudrait mettre en place une base de données répertoriant le plus possible d'adresse. Ces dernières étant volatiles, cela implique de mettre à jour très régulièrement la liste.
Inéluctablement, trois cas se présenteraient :
— d'une part, des sites passeraient au travers du système et resteraient accessibles (puisqu’absent de la base)
— d'autre part, le réseau étant en mouvement, des sites non incriminés risqueraient de se trouver piégés dans la base.
— des serveurs pouvant héberger plusieurs dizaines de sites, bloquer un site reviendrait à en bloquer des dizaines.

Pour terminer, il existe des outils permettant de contourner de tels systèmes de filtrage.
Certains ont même été l'objet de promotions ( Psiphon par exemple ) parce qu'ils permettent à des internautes de contourner la censure dont ils sont victimes dans leur pays.
Ces outils utilisent ce que l'on nomme des proxys pour traverser les barrières que l'on dresse devant eux.
L'analogie suivante conviendrait : si un pays vous interdit de prendre votre voiture pour vous rendre en un lieu proscrit... un gentil étranger vous prend en stoppe (lui ayant parfaitement le droit de circuler). Caché dans son véhicule, vous pouvez circuler comme bon vous semble.

Internet a justement été élaboré sur des fondations ne permettant pas de tels contrôles. S'il est évident qu'il faut lutter contre les contenus illicites ( racistes, pédophiles, etc.), les moyens ne doivent pas être gaspillés dans de tels projets. Nous avons encore la preuve ici que l'effet d'annonce est inutile s’il n'y a pas eu, en amont, la moindre expertise sérieuse permettant d'en étayer les propos.

Lien connexe : Filtrage et Internet : témoignage d'un FAI français

vendredi 6 juin 2008

gazette 23. Offensive contre le Web ?

La gazette d'@rrêt sur images, n° 23

Le pouvoir en veut-il au Web ? Et plus particulièrement, aux sites d'information, beaucoup moins « contrôlables » que les médias traditionnels ? A @rrêt sur images, nous tentons de ne pas céder à l'aimable paranoïa qui caractérise trop souvent les discussions en ligne. Mais tout de même ! En quelques semaines, que d'indices inquiétants. C'est un conseiller de Sarkozy, qui écrit une tribune dans Libération pour se plaindre du « sensationnalisme » de l'information en ligne. C'est la ministre Nadine Morano, qui accuse Internet de pousser les adolescentes à la fugue. Et côté portefeuille, ce ne sont que projets de taxation, ou de contrôle. Sans parler du projet de seconde coupure publicitaire dans les films, qui semble taillé sur mesure pour venir en aide aux grosses chaines privées, et... détourner les budgets de pub des médias en ligne.

Observant les nuages qui s'amoncellent, nous avons décidé d'en dresser la liste, pour que vous soyiez alertés. Elle est là. Vous pouvez lire l'article même si vous n'êtes pas abonnés : nous avons voulu que ce début d'observation soit accessible à tout le monde. Sur ce même sujet, j'ai aussi rédigé une chronique, que vous pouvez lire ici.

A propos du débat sur le service public de l'audiovisuel, ce qui le menace, ce qu'il devrait être, nous avons invité cette semaine Nicolas Demorand, journaliste à France Inter, et futur animateur d'une émission culturelle sur France 2. Vous l'entendez peut-être le matin à la radio. Vous allez l'écouter penser, pendant une heure. Les meilleurs moments sont ici :



Et pour vous abonner à @rrêt sur images, c'est là.

Daniel Schneidermann

mercredi 4 juin 2008

Permanence

Il me semble que l'une des caractéristiques principales de notre esprit est de fabriquer de la permanence.
En effet, nous faisons preuve d'un certain savoir-faire pour tracer une sorte de ligne entre naissance et mort, de sorte que nous avons parfois l'impression que nous fume toujours ce que nous sommes en cet instant.
L'expression « chemin de vie » est un bon exemple de cette continuité sur laquelle nous nous appuyons et cherchons l'immortalité.
Si cette vision du monde nous permet de nous construire en tant qu'individu, de préserver notre identité, elle n'est pas exempte de conséquences et nous enferme dans une vision toute particulière du monde.
Nous ne sommes pas celui d'hier, pas plus que demain nous ne serons celui d'aujourd'hui.
Il me semble que la religion s'appuie aussi sur cette permanence, puisqu'elle part elle-même du principe que nous ne disparaîtrons pas après la mort. Même le bouddhisme et son impermanence sont attachés à cette ligne directrice dans son concept de réincarnation.
Beaucoup pensent qu'une partie de nous, l'âme, existe en dehors du corps et n'est donc pas sujette à la mort physique de son « réceptacle ».
Cette âme est donc continuité, et je pense qu'elle est en cela une sorte d'aberration intellectuelle.

Il me semble pour ma part que cette idée de permanence est un produit de notre esprit. Il me parait évident que sans celle-ci, nous ne pourrions être et nous sentir un. Nous exploserions en milliard de facettes et ne pourrions exister en tant qu'être pensant.
Par contre, modeler tout notre univers sur ce système réduit considérablement notre champ de pensées.

Confronté à de graves difficultés, chaque individu peut sentir parfois que des « cassures » surgissent dans l'existence. Ce premier sentiment, avant toute « reconstruction », est un bon indicateur. Ensuite, l'esprit et la mémoire établissent de nouveau des liens entre les événements... et font ainsi perdurer l'idée d'une permanence de soi et de l'environnement.

L'être pensant est fortement limité par le fait qu'il tente d'appliquer à toute chose les schémas directeurs qui le sous-tendent. Nous atteignons sans doute ici les limites de la compréhension, mais devons, en toute réflexion, tenir compte de ces mêmes limites.

Décomplexé

Je m'inquiète de constater que depuis quelque temps, un vent assez désagréable souffle sur différents supports d'échanges sur internet.
L'affaire du mariage récemment annulé ne fait que révéler un peu plus la tension qui règne dans notre société.
Je lis assez régulièrement les forums et sur stupéfait par le nombre de messages au caractère insidieusement xénophobes que l'on peut y trouver.

J'ai quelques titres sous les yeux :
— Brigitte Bardot condamnée à 15.000 euros d'amende
— Des gangs musulmans en train de prendre le contrôle d'une prison de haute sécurité au Royaume-Uni.
— Norvège : mots croisés racistes et mots fléchés islamophobies !

Les messages sont rédigés de manière à ne pas attirer les foudres des associations anti-xénophobes. Ils reprennent en général des dépêches ou des textes en lignes en les assortissant de phrases plus ou moins explicites.

Bien entendu rien de nouveau sous le soleil, mais par contre, le joli barbarisme « décomplexé » semble parfaitement adapté à cette situation.

France, terre d'accueil, royaume des droits de l'Homme, nous vivons dans un fantasme et je crains le dur retour à la triste réalité.