Voici donc terminé le visionnage des 63 épisodes de Six Feet Under, et donc à peu près l'équivalent horaire.Et c'est avec une tristesse certaine que l'on achève la dernière saison de la série, un je ne sais quoi qui nous prend aux tripes.
Si je devais conseiller une seule série américaine, ce serait celle-ci, sans hésitation aucune.
Le talent des producteurs réside notamment dans le fait de n'avoir pas tiré de manière excessive sur la « ficelle commerciale »... d'avoir réussi à terminer la série en beauté.
Il me semble que la plupart des pans de ce qui constitue l'être humain sont évoqués. Toutes les émotions et tous les sentiments sont abordés avec brio. Les acteurs jouent de manière admirable et certains même (je pense au rôle de Ruth Fisher) sont carrément exceptionnels.
Ces dizaines d'heures passées en compagnie des personnages nous permettent une totale immersion dans la vie de cette famille. J'ai l'impression même que l'identification s'effectue sur l'ensemble de ses membres ( sur l'entité « famille ») plutôt que sur l'un ou l'autre des protagonistes.
La mort est abordée de plein fouet, sans parure ni tabou. La série semble nous proposer la réconciliation avec nos peurs les plus profondes, mais sans pourtant nous abreuver de concepts philosophiques ou religieux... juste en nous montrant les choses telles qu'elles sont,avec une intime justesse.
Le deuil est replacé dans sa temporalité : il n'est point question de passer à autre chose, mais d'apprendre à vivre avec la douleur (qui elle, ne disparaitra jamais vraiment)... et cela, ça prend du temps.
La série aborde, saison 3, la difficulté du deuil lorsque le corps est absent, ce qui peut être compris littéralement (disparition en mer...), mais aussi sur un plan sociétal : le fait de cacher le (la) mort au vivant.
La série évolue avec ses personnages et si la première saison laisse une place importante à l'humour, aucun épisode ne laisse vraiment présager le devenir du suivant.



