vendredi 29 février 2008

gazette 9. Flambée des prix : choquer, pour la bonne cause ?

La gazette d'@rrêt sur images, n° 9

48 % d'augmentation, en trois mois, pour un paquet de pâtes ! L'information de l'hebdomadaire « 60 millions de consommateurs » a fait l'ouverture des journaux télévisés du week-end dernier, contraignant le gouvernement à des gesticulations précipitées : « réunion de crise » à Matignon, et inspection des étiquettes des paquets de beurre par la ministre de l'économie Christine Lagarde.

Si la plupart des médias ont repris, sans distance, les informations de « 60 millions de consommateurs », Libération s'est singularisé, en émettant quelques réserves. Le quotidien a ainsi fait remarquer que les chiffres de hausse extrêmes, mis en avant par « 60 millions de consommateurs », masquaient des augmentations moyennes, certes élevées, mais tout de même moins spectaculaires. Libé affirme en outre qu'un des produits les plus augmentés, le jambon Fleury-Michon, était... en promotion lors du premier relevé de 60 millions de consommateurs. Ce qui fausse les statistiques !

Avant le magazine de consommation, les journaux télévisés avaient consacré quelques sujets aux hausses de produits alimentaires (mais sans citer les marques concernées). Est-il légitime de forcer le trait, pour attirer l'attention sur un problème sous-traité par les autres médias ? Marie-Jeanne Husset, directrice de la rédaction de 60 Millions de consommateurs, et Grégoire Biseau, chef du service économique de Libération, en débattent (vivement) sur le plateau d'@si.



Daniel Schneidermann

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vendredi 22 février 2008

gazette 8 Tous résistants en 40 ?

La gazette d'@rrêt sur images, n° 8

En consacrant deux soirées entières à la Résistance, France 2 a incontestablement fait oeuvre de service public. Des épisodes méconnus (une dure grève de mineurs en 1941) ont été rappelés, des documents inédits ont été exploités.

Mais ces deux « docu-fictions », qui ont remporté un vif succès, n'enjolissent-ils pas l'histoire de la Résistance ? Toute la France a-t-elle vraiment « grondé » contre l'occupant dès 1940 ? Le sauvetage des Juifs était-il vraiment la priorité des résistants, comme on pourrait le conclure en visionnant les docu-fictions de France 2 ?

Sur notre plateau, le producteur Christophe Nick raconte comment est née l'idée : en débattant avec des jeunes de banlieue, persuadés que toute la France s'était couchée devant l'occupant en 1940. Il débat avec Antoine Perraud, journaliste au site MediaPart, auteur de la critique la plus sévère publiée sur le documentaire. Reproches de fond, reproches de forme, se mêlent : Perraud reproche aussi à Nick, outre l'utilisation de reconstitutions, le ton chuchoté du commentaire, qui aboutit selon lui à faire patauger tout le monde, résistants et télespectateurs mêlés, dans une sorte de « jacuzzi des Justes », expression qui fait bondir Christophe Nick.

Entre les deux, l'historien Jean-Pierre Azéma, spécialiste incontesté de la période, resitue les choses, et rappelle quand et pourquoi l'opinion française a basculé dans l'opposition radicale aux occupants. Il rappelle aussi quelques dérapages antisémites de quelques résistants illustres. Ce nécessaire débat vous attend ici. Et pour aller plus loin, tous les éléments de contexte sont ici.

Daniel Schneidermann

vendredi 15 février 2008

gazette 7 Les riches HLM de Neuilly, ignorés des télés

La gazette d'@rrêt sur images, n° 7

Vous en avez entendu parler, de Neuilly !

Tous vos journaux télévisés ont traité, et re-traité, le western de la Municipale, Martinon contre Jean Sarkozy. Nous-mêmes, sur votre site, nous y avons consacré tout un dossier.

Mais quelques semaines plus tôt, Le Monde 2 avait publié une enquête originale, fruit d'un travail de longue haleine, qui racontait qu'un bon nombre de locataires des HLM de Neuilly étaient des bourgeois aisés, certains possédant même un château en résidence secondaire.

Cette enquête, bizarrement, est tombée dans un trou noir médiatique (un de plus). Vous devez entendre notre première invitée de cette semaine, Pascale Kremer, journaliste au Monde 2, expliquer comment elle s'était préparée à répondre aux demandes d'interviews, après la publication de son papier, et comment ... elle n'en a reçu aucune. C'est finalement le Web, qui aura « sauvé » cette enquête, en lui assurant un très large retentissement.

Notre grand témoin, cette semaine, est Jean-François Kahn. Au terme d'une semaine fertile en rebondissements dans les hebdomadaires (carlabrunisation de L'Express, déchirements entre L'Obs-papier et son site Internet, après les poursuites intentées par Sarkozy), il nous a paru intéressant de solliciter le regard du fondateur de Marianne. Celui qui se définit aujourd'hui comme « journaliste retraité » n'est pas tendre avec les confrères, mais ne l'est pas davantage ... avec certains articles de Marianne.

Daniel Schneidermann

vendredi 8 février 2008

gazette 6 Rocard sur @si : « comment l'AFP m'a censuré »

La gazette d'@rrêt sur images, n° 6

« On n'a pas le droit de mettre en cause les autres médias ! » Telle a été la réponse, surréaliste, d'une journaliste de l'AFP à Michel Rocard, lorsque l'ancien Premier ministre a voulu faire savoir qu'il désapprouvait le titre que Le Figaro d'Etienne Mougeotte avait donné à son interview (« Rocard veut payer les enseignants au mérite »).

Et Rocard, harcelé par les journalistes à la suite de ce titre, a dû démissionner de la commission Pochard, sur la revalorisation du métier d'enseignant, pour obtenir que l'AFP fasse (enfin) écho à son communiqué.

Sur notre plateau, Michel Rocard, que nous recevons avec David Abiker et Elisabeth Lévy, raconte cette semaine longuement cet épisode édifiant de la solidarité journalistique. Il revient aussi sur la médiatisation de la vie privée de Sarkozy, dont il rend, là encore, les médias largement responsables. Pour l'écouter, c'est là.

Il est vrai que bien des rédactions ne savent plus sur quel pied danser, à propos des frasques du président. Ainsi la chaine de télévision Direct 8, appartenant à Vincent Bolloré, a annulé la semaine dernière in-extremis une émission qu'elle souhaitait consacrer à « Sarkozy et les femmes ». « Problèmes techniques » ont assuré les responsables aux invités ainsi déprogrammés. Ce que les techniciens ont démenti. Notre second invité de la semaine, Jean-François Probst, ancien conseiller de Jacques Chirac et Charles Pasqua, raconte cette censure dont il a été victime. Il revient aussi sur ses liens avec le site Bakchich.info dont ce gaulliste est, de manière étonnante, un des fondateurs et animateurs. Pour l'écouter, c'est ici.

Daniel Schneidermann

vendredi 1 février 2008

gazette 5 Notre plateau : joggings de Sarkozy, les coulisses

La gazette d'@rrêt sur images, n° 5

Il faut parfois du temps, pour faire la lumière sur les images qui, sur le moment, nous ont hypnotisés.

Prenons les fameux joggings de Nicolas Sarkozy. Dans les premiers jours du quinquennat, cette image symbolisait un début dynamique, énergique, conquérant.

Un documentaire, diffusé sur France 5, nous a montré cette semaine comment ils étaient soigneusement mis en scène par Sarkozy lui-même. Sur notre plateau, Thomas Coex, photographe à l'AFP, raconte comment les gardes du corps préparaient soigneusement le travail des photographes, et s'écartaient judicieusement, pour offrir aux objectifs l'image d'un sportif solitaire.

Autre chose. Au soir du second tour de la présidentielle, une coupe de champagne malencontreusement oubliée dans le champ des caméras a trahi la préférence sarkozyste de TF1. Cette coupe a déclenché la colère de la direction de la chaine. On ne l'apprend qu'aujourd'hui, dans un livre sur les coulisses de TF1, « Madame Monsieur bonsoir ». L'éditeur de ce livre, Marc Grinsztajn, est notre deuxième invité de la semaine.

Cette semaine, nous avons aussi redécouvert sur une loi votée en 2002, et oubliée de tous, qui oblige les médecins liés à des laboratoires pharmaceutiques à déclarer ces collaborations quand ils s'expriment dans les médias. Le saviez-vous ? Toute l'histoire de cette loi bafouée est là.

Daniel Schneidermann