La gazette d'@rrêt sur images, n° 41
On débat, sur notre plateau de cette semaine, d'une question qui empoisonne sacrément les journalistes : a-t-on le droit de filmer en caméra cachée ? Quand toutes les portes se ferment pour dissimuler une réalité immontrable, la télé peut-elle ruser, et s'affubler d'un faux nez ? Vous en avez peut-être entendu parler : le débat vient d'être relancé par France 2, qui annonce une prochaine émission fondée sur ce concept, « les infiltrés », animée par David Pujadas.
La question n'est pas simple. Ce n'est jamais joli, d'usurper une identité. Mais je vous conseille de regarder les séquences que nous diffusons cette semaine : de très choquantes scènes de maltraitance de personnes âgées dépendantes, dans une maison de retraite. Sans caméra « infiltrée », ces images n'auraient jamais été vues. Et l'on peut espérer que leur diffusion contribue (à long terme) à « faire bouger les choses », dans ces opaques établissements. Alors ? « La caméra cachée, c'est un peu notre arme nucléaire », dit notre invité Jean-Baptiste Rivoire, un des anciens patrons de l'investigation à Canal+. Donc, l'utiliser, oui, mais à (très) bon escient.
Nous aurions souhaité recevoir David Pujadas sur notre plateau. Mais voilà: Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, lui interdit de parler en public des "Infiltrés", avant la sortie de l'émission. Comment le sais-je ? Parce qu'il nous l'a avoué. Pourquoi vous révéler ici ce petit secret ? Diable ! Si une caméra avait été « infiltrée » à cet instant dans nos bureaux, ou dans les siens, chacun aurait droit à ce témoignage capital. Si l'on infiltre, infiltrons tout le monde, y compris les bureaux des dirigeants et des vedettes de la télé ! Notre émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :
Et pour vous abonner, c'est là.
Daniel Schneidermann
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