vendredi 20 novembre 2009

gazette 100. Sous tutelle ? Le juge d'instruction de Karachi parle !

La gazette d'@rrêt sur images, n° 100

Non, il ne faut peut-être pas désespérer de tout. Prenons la Justice : on la décrit comme démoralisée, vaincue d'avance par la perspective de la suppression du juge d'instruction. Peut-être. Mais disons qu'il reste quelques étincelles. L'une de ces étincelles s'appelle Marc Trévidic, le juge qui instruit l'affaire de l'attentat de Karachi. Quand Trévidic a exhumé le dossier qui sommeillait, en le ré-orientant dans une direction qui pourrait mettre en cause des financements politiques balladuriens en France, nous nous sommes dits "pas possible" ! "On" ne le laissera jamais faire ! Pourtant, l'instruction progresse. Comment ? Avec quelle difficulté ? Réagissant à un documentaire de Canal+ sur la Justice, Trévidic en personne nous explique sur le plateau, comment un juge d'instruction peut encore mener ses enquêtes en France, à condition de renoncer à son avancement, et...à l'aide de l'Etat. Notre émission @rrêt sur images est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Un autre homme seul, face à un adversaire gigantesque, c'est l'écrivain Antoine Audouard, notre autre invité de la semaine, face au racisme. Face à tous les racismes ! A commencer par le racisme auquel nous consentons, celui qui est tapi à l'intérieur de nous-même. Ecoutez-le estimer comment, face à ce monstre, la littérature est une réponse...faible. Notre émission D@ns le texte, est ici.

Champagne ! Cette gazette est la centième, depuis la création du site. Les anniversaires sont l'occasion de se dire les choses. Alors autant vous le dire : c'est pour moi, chaque semaine, un plaisir de vous l'envoyer. J'adore vous murmurer à l'oreille le résultat de notre travail de la semaine. C'est pour cette raison, d'ailleurs, que je vous ai proposé de recevoir aussi dans votre boite mail ma chronique quotidienne matinale (près de neuf mille d'entre vous la reçoivent déjà). Et c'est aussi pourquoi je crois beaucoup à notre application iPhone : parce qu'elle nous permet de nous glisser dans votre poche, de vous atteindre partout, dans les trains et les cafés, d'être les compagnons de vos moments de désoeuvrement. Nous n'avons pas fini de vous surprendre.
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Daniel Schneidermann

vendredi 13 novembre 2009

gazette 99. Christine Boutin, invitée d'@si : "ministre, je m'autocensurais"

La gazette d'@rrêt sur images, n° 99

Cette semaine que nous venons de vivre, c'est bien simple, je ne sais pas par quel bout la prendre. S'il faut faire un choix, précipitez-vous sur notre émission Ligne j@une. Avant de la regarder, oubliez toutes vos idées préconçues, sur la pudeur ou l'indécence. Nous y avons invité des malades ou handicapés, qui tous ont choisi de "bloguer" leur maladie, ou celle de leurs enfants. Nos invités ont propulsé leurs souffrances dans la sphère publique, bousculant chacun à leur manière la frontière entre ce que l'on cache, et ce que l'on montre. Pourquoi ? Quels liens ont-ils noué avec les internautes inconnus qui les suivent de si près ? Leurs réponses sont stupéfiantes. Quel autre media qu'Internet pourrait permettre le surgissement de cette parole brute, lumineuse, délivrée de toutes les contraintes ? Notre émission Ligne j@une est ici, ses meilleurs moments sont là :


Grande première, dans @rrêt sur images : pour la première fois, nous recevons une icône (déchue) du sarkozysme, Christine Boutin. Elle a vécu de l'intérieur la grande machine à buzz, que nous décortiquons sur le site chaque semaine. Ecoutez-la évoquer ses guerres de com ' (maison à quinze euros, lutte contre les Don Quichotte, etc). Ecoutez-la surtout nous dire, enfin libérée, tout ce que l'on ne peut pas dire lorsqu'on est ministre en exercice, sur les us et coutumes du clan Sarkozy. Et en prime, si vous voulez savoir pourquoi elle a été virée, la révélation est aussi dans l'émission. Notre émission complète est ici, ses meilleurs moments sont là :


Enfin, pour mémoire, je vous rappelle que nous avons pris cette semaine une décision essentielle pour nous : nous ne solliciterons aucune aide financière de l'Etat, ces aides auxquelles les sites de presse sont maintenant éligibles. Pourquoi cette décision ? Je vous en explique les raisons ici. De l'avoir prise, en tout cas, nous nous sentons plus légers que jamais. Décision risquée ? Oui, mais nous savons pouvoir compter sur vous.
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Daniel Schneidermann

vendredi 6 novembre 2009

gazette 98. Lévi-Strauss : et si on passait derrière le mythe ?

La gazette d'@rrêt sur images, n° 98

A Claude Lévi-Strauss, "dernier géant de la pensée française", mort la semaine dernière à cent ans, toute la presse a rendu un hommage dithyrambique -et justifié. Mais sous les brassées de fleurs, ont resurgi (non pas dans les journaux, mais sur Internet, évidemment) quelques disgracieuses mauvaises herbes : d'étranges phrases sur l'Islam, dans "Tristes tropiques". Ecrites aujourd'hui, ces formules le désigneraient aussitôt à la vindicte, pour islamophobie. Alors ? Est-ce à raison, ou par excessive révérence, que les nécrologies officielles les ignorent ? Comment comprendre, aujourd'hui, sa réticence au métissage ? Et pourquoi l'observateur pionnier des cultures dites "primitives" a-t-il accepté, avec gourmandise, les honneurs surannés de l'Académie ? Pour le dire crûment : le progressiste a-t-il viré réac ? Questions incorrectes, que nous souhaitions poser naïvement, pour re-découvrir, mais sans formol, un penseur irréductible, et rebelle à toute récupération. Notre émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Autre sujet, que nous nous sommes ingéniés à simplifier pour vous : l'immunité pénale présidentielle, cette immunité qui vaut à un Chirac septuagénaire d'être renvoyé en correctionnelle pour des turpitudes qui semblent antédiluviennes. En compagnie d'un invité de choix, Eric Halphen, l'homme qui avait convoqué le témoin "Chirac, Jacques" dans son cabinet de juge de Créteil, Guy Birenbaum explore cette page peu glorieuse des arrière-cuisines de la politique. Notre émission Ligne j@une est ici, ses meilleurs moments sont là :


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vendredi 30 octobre 2009

gazette 97. "Douche présidentielle", affaire Boulin : au delà des fantasmes

La gazette d'@rrêt sur images, n° 97

La fameuse "douche présidentielle" à 245 000 euros, montée lors du sommet de Paris et démontée sans avoir été utilisée, a donc fait le tour de la presse mondiale. Problème : comme d'habitude, quand les grands médias ont d'abord ignoré un scandale, ils se rattrapent en criant trop fort, avec le zèle des retardataires. En réalité, la douche n'a pas coûté ce prix exhorbitant, et les vrais motifs de scandale sont ailleurs, comme l'explique, sur le plateau de notre émission Ligne j@une, notre consoeur de Mediapart, Mathilde Mathieu, auteure du scoop. Avec elle sur le plateau, une des voix dissonantes du concert médiatique habituel, Thomas Legrand, éditorialiste politique à France Inter. Vous ne le connaissez pas ? Pour le plaisir, écoutez-le décrypter en direct la langue de bois de Martine Aubry, Eric Besson et Jean-François Copé. Notre émission Ligne j@une est ici, et ses meilleurs moments sont là :


L'éternel cercle vicieux de l'omerta et de l'emballement : c'est aussi le sujet de notre @rrêt sur images de cette semaine, autour de l'affaire Boulin. Le ministre du travail, il y a trente ans, a-t-il été assassiné, ou s'est-il suicidé ? Pour la nième fois, France Inter a ré-ouvert cette semaine le dossier. Comment se fait-il que de bons journalistes, trente ans après, continuent à creuser la thèse d'un assassinat, qui aurait supposé de nombreuses complicités dans l'appareil d'Etat ? C'est tout simple. Parce que l'Etat a d'abord intimé aux journalistes, aux médecins légistes, à tous les curieux, un ordre : "circulez, il n'y a rien à voir". Donc, autopsies bâclées, incohérences, éléments ignorés par la version officielle. Et aujourd'hui, un dossier qui, décidément, ne veut pas se refermer. Et un étrange plateau, sur lequel je me suis retrouvé coincé entre une construction intellectuelle que je me refuse à suivre, et une version officielle à trous, qui ne satisfait personne. Notre émission est ici, ses meilleurs moments sont là :


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Daniel Schneidermann

vendredi 23 octobre 2009

gazette 96. Fichiers policiers, l'éternel retour

La gazette d'@rrêt sur images, n° 96

Dieu sait que nous tentons, sur le site, de ne pas céder à la paranoïa qui fait le charme d'Internet, mais notre émission Ligne j@une de cette semaine a de quoi faire peur. Nous y avons invité un proche du pouvoir, Alain Bauer, président d'un groupe de travail sur les fichiers mis en place par le ministère de l'Intérieur. Il est venu défendre les nouveaux fichiers "Edvige light", annoncés en catastrophe par Hortefeux, après les incidents de Poitiers. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a dissipé aucune de nos craintes, à propos du fichage de "l'origine géographique" d'enfants à partir de 13 ans, ou d'appartenances syndicales. Regardez-le, cuisiné avec maestria par Guy Birenbaum. Notre émission Ligne j@une est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Nous vous avons beaucoup parlé de l'émergence nouvelle, dans l'espace médiatique, de la souffrance au travail. Chiffres, analyses, témoignages : nous avons tenté plusieurs approches, avec nos armes imparfaites de journalistes. Nous donnons la parole cette semaine à une romancière, Delphine de Vigan ("Les heures souterraines, Ed. Lattès). Elle traite le sujet de sa manière à elle, en tentant délicatement de trouver les mots qui pourraient aider à cerner le phénomène, en se gardant bien de le nommer trop brutalement. Notre émission D@ns le texte est ici, ses meilleurs moments sont là :


Quant à @rrêt sur images, surprise : nous avons choisi de...ne pas la consacrer à l'affaire Jean Sarkozy, pour ne pas ajouter du bruit au bruit. Nous avons préféré évoquer une grave pollution, longtemps sous-traitée par les médias nationaux : les algues vertes, en Bretagne. De quelle liberté disposent nos confrères de la presse régionale, pour aborder ces dégâts de l'agriculture intensive ? Notre émission @rrêt sur images est ici, ses meilleurs moments sont là :


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Daniel Schneidermann

vendredi 16 octobre 2009

gazette 95. Nucléaire : Libé contre Libé...

La gazette d'@rrêt sur images, n° 95

"Nos déchets nucléaires sont cachés en Sibérie" : avec ce scoop de sa journaliste Laure Noualhat, Libération a réalisé sa meilleure vente de la semaine, en révélant que quelque 13 % des déchets radioactifs français produits par EDF se retrouvent en plein air en Sibérie. Patatras, le lendemain, un de ses collègues de Libé, Sylvestre Huet, dégonflait sur son blog les révélations de sa consoeur, expliquant que ces révélations n'en étaient pas vraiment, que lesdits déchets n'étaient ni vraiment cachés, ni très toxiques. Qui croire ? Et plus largement, sur la question hautement délicate du nucléaire, comment informer vraiment, entre la communication toujours lénifiante d'AREVA et d'EDF, tétanisées par la crainte du sacrilège contre l'intérêt national, et la tentation du sensationnalisme ? Noualhat et Huet sont sur notre plateau de cette semaine, pour un débat contradictoire assez inédit, me semble-t-il, dans les annales de la presse. Le débat se déroule sous l'oeil du porte-parole d'AREVA, qui réfute évidemment toutes les accusations d'opacité, et explique sans détours pourquoi il a refusé à la journaliste de Libé l'accès à certaines installations. Vous sortirez de l'émission, je crois, avec une idée parfaitement équilibrée de la manière dont l'information est produite, sur ce sujet hautement explosif. Notre émission est ici. Ses meilleurs moments sont là :


Dans les forums, cette semaine, c'est la défense audacieuse, par notre chroniqueuse Judith Bernard, de l'écrivain Frédéric Mitterrand, qui a fait le plus réagir nos abonnés. Si vous l'avez manquée, lisez la chronique de Judith, qui ne vous laissera pas indifférents. Dans la foulée, prenez le temps de vous plonger dans le forum, dont la richesse et la qualité exceptionnelles nous confortent dans notre confiance envers le media Internet. Et si vous ne la connaissez pas encore, pourquoi ne pas en profiter pour plonger D@ns le texte, l'émission littéraire de Judith ?.

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Daniel Schneidermann

vendredi 9 octobre 2009

gazette 94. Mélenchon : pourquoi j'interpelle les journalistes-vedettes !

La gazette d'@rrêt sur images, n° 94

Une fois n'est pas coutume, je ne sais quelle émission vous recommander, tant notre production de la semaine est riche. D'abord, vous ne pouvez pas rater le show Mélenchon, et je sais que vous ne le raterez pas. Cette semaine, le fondateur du Parti de gauche a dynamité pas moins de deux émissions de radio, et un plateau de télé, dans la même journée. En voilà un, qui a trouvé le mode d'emploi des grands médias, et sans rien renier de ses convictions. Face à nous, même vigilance affûtée : chacune de nos questions, chaque mot employé ou presque, nous a été renvoyé par notre invité. Sportif, et salubre. Notre émission @rrêt sur images est ici, et ses meilleurs moments sont là :


Un sujet inattendu, dans notre émission Ligne j@une : les souffrances animales. L' industrie de la viande menace-t-elle le monde ? Est-il légitime d'être aussi ému par la souffrance d'un mouton, que par celle d'un enfant qui meurt de soif ? Quoi que vous en pensiez, regardez notre franchisseur de lignes préféré, Guy Birenbaum, aux prises avec cette troublante question, manifestement nouvelle pour lui. Dans la foulée, tiens, on a même ouvert un dossier. Ligne j@une est ici, et ses meilleurs moments sont là :


Enfin, je vous rappelle que vous pouvez désormais recevoir aussi chaque matin, dans la même boîte, à neuf heures quinze précises, ma chronique matinale. Aucune obligation : ce service, gratuit, est adressé aux volontaires. Il est ouvert aux abonnés, comme aux non-abonnés. Plus de six mille d'entre vous se sont déjà inscrits. Si cela vous tente, cliquez ici. Quand vous n'en voudrez plus, rien de plus simple : re-cliquez à la même adresse.
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Daniel Schneidermann